Team USA prépare le Mondial le plus difficile à Berlin
Les meilleures basketteuses de la planète ont rendez-vous à Berlin. Vendredi 4 septembre 2026, la FIBA Women’s World Cup s’ouvre dans la capitale allemande, avec un plateau élargi à 16 équipes. Un retour au format des années 1990-2018, mais dans un paysage qui n’a plus rien à voir.
Au centre de la scène, comme souvent, Team USA. Neuf titres sur les douze dernières éditions, dont quatre consécutifs. Une domination écrasante, presque dérangeante pour le reste du monde. Cette fois, pourtant, Kara Lawson prévient : la marge de manœuvre s’est réduite.
Lawson sonne l’alerte : « le Mondial le plus difficile à gagner »
Sélectionneuse de Team USA et coach de Duke depuis 2020, Kara Lawson connaît les deux côtés du miroir. Elle a porté ce maillot, remporté l’or en 2008 en finale contre l’Australie avec un 5/5 au tir, 15 points, trois rebonds, deux passes, une interception. Aujourd’hui, elle tient le volant d’un programme qui n’a plus le droit à l’erreur… dans un monde qui a rattrapé une partie de son retard.
« Il n’y a aucun doute que le monde progresse à une vitesse rapide. C’est excitant à voir », insiste-t-elle. Elle le voit sur les parquets universitaires, dans les compétitions de jeunes FIBA, dans la montée en puissance des sélections étrangères. Les rosters se densifient, les talents se multiplient.
Le constat est clair : la profondeur n’est plus un privilège américain. « Je pense que ça va être la Coupe du monde la plus difficile à gagner qu’on ait connue à cause de ça, ce qui est excitant. Ça doit être dur à gagner. C’est une Coupe du monde, non ? » La phrase claque comme une consigne de vestiaire. À Berlin, il ne sera plus question de survoler. Il faudra survivre à un calendrier compact, à des adversaires mieux armés, à un tournoi où chaque faux pas peut coûter cher.
Team USA, pourtant, ne vient pas pour tester le niveau. « On est affamées, concentrées, et on veut mettre nos meilleures performances sur le terrain pour voir si on peut finir le travail », lâche Lawson. Le décor est posé.
Caitlin Clark, l’arme qui peut faire basculer un match
Dans ce décor, un nom attire les projecteurs comme un aimant : Caitlin Clark. La meneuse sort d’une grosse campagne avec Indiana et enchaîne sans souffler vers sa première grande compétition FIBA avec les seniors.
Lawson l’a suivie de près cet été. De très près. « Caitlin est concentrée. Elle est verrouillée et prête », résume-t-elle. Le profil est taillé pour le basket FIBA moderne : tempo élevé, tir longue distance, création pour elle-même et pour les autres. Une joueuse qui peut changer l’architecture d’un match en quelques possessions.
Son impact ne se limite pas aux points. Elle étire la défense, ouvre des espaces, attire une attention constante en WNBA. Reste une inconnue : comment les défenses internationales vont-elles la traiter pour sa première sur la scène mondiale ? Copier-coller de ce qu’elle subit aux États-Unis, ou approches plus physiques, plus tactiques ? Lawson assume être encore « en mode collecte d’informations » sur ce point. La réponse viendra vite, dès les premiers matchs de poule.
Une chose ne fait aucun doute dans le staff : Clark devra peser tous les soirs.
Une nouvelle vague américaine à Berlin
Caitlin Clark n’est pas seule dans cette génération qui débarque. Angel Reese, Paige Bueckers, Kiki Iriafen, Sonia Citron… autant de noms qui symbolisent ce renouveau américain. Toutes feront leurs débuts en Coupe du monde cette semaine.
Mardi, à l’entraînement, ce groupe découvrait ensemble le cadre de Berlin, ballon en main. Des joueuses déjà stars chez elles, mais encore novices dans l’univers FIBA. Changement de règles, de rythme, de style arbitral. Choc culturel pour certaines, opportunité pour toutes.
Pour Lawson, l’enjeu est clair : transformer ce mélange de talents bruts en équipe opérationnelle en un temps record. La sélection ne pourra pas s’appuyer sur l’automatisme d’un groupe figé depuis des années. Il faudra créer une alchimie express.
Sans A’ja Wilson ni Kelsey Plum, pas de temps pour les regrets
La mission se complique encore avec les absences d’A’ja Wilson et Kelsey Plum, deux piliers récents de Team USA. Interrogée sur ses échanges avec Wilson avant le Mondial, Lawson a été directe : elle n’a pas de calendrier, pas de détails à donner. Juste un manque assumé.
« On va regretter de ne pas les avoir avec nous… On leur souhaite un prompt rétablissement… mais on n’a pas le temps de s’inquiéter de qui n’est pas là », tranche-t-elle. La phrase est froide, mais nécessaire. Le tournoi ne ralentira pas pour attendre les blessées.
Le staff a donc choisi une autre voie : se concentrer sur celles qui sont sur le parquet. Chimie, repères, hiérarchie à installer. L’urgence est là.
Berlin, jour 1 : un premier contact, en douceur
Mardi, première vraie journée de travail à Berlin. Pas de séance éreintante, pas encore. « On a eu une bonne journée. C’était une journée légère pour nous. On voulait juste transpirer un peu et installer certaines choses », décrit Lawson. Un échauffement grandeur nature avant de monter progressivement en intensité dès le lendemain.
Derrière ce ton mesuré se cache une réalité : le temps est compté. Le tournoi commence vendredi, les automatismes doivent se construire à marche forcée. Les systèmes offensifs, les principes défensifs, les rotations : tout doit se caler en quelques jours.
De joueuse à sélectionneuse : l’héritage en fil rouge
Pour Lawson, ce Mondial a une dimension particulière. Elle ne se contente pas d’un rôle de technicienne. Elle porte un héritage. « L’opportunité est incroyable, et en tant qu’ancienne joueuse de la fédération, il y a beaucoup de fierté à représenter notre pays et toutes les légendes qui ont joué avant nous », expliquait-elle le 22 août.
Prendre la tête du programme, pour elle, c’est le sommet de la pyramide. « Il n’y a pas plus grand honneur dans notre sport. » Elle sait ce que signifie ce maillot, ce qu’il exige. Elle sait aussi que la série de titres crée une obligation silencieuse : ne pas être celle qui laissera tomber le flambeau.
À Berlin, Team USA arrive avec son habituel statut de favorite. Mais ce Mondial ressemble moins à une formalité qu’à une épreuve de vérité. Le monde s’est rapproché, les stars américaines changent de visage, les certitudes se fissurent.
Reste une question, simple et brutale : dans un tournoi qui n’a jamais semblé aussi ouvert, la dynastie américaine tiendra-t-elle encore un tour de plus ?




