Team USA remporte la phase de groupes avec éclat
Team USA remet les pendules à l’heure. Et avec fracas.
À Berlin, lundi 7 septembre, la sélection américaine a bouclé la phase de groupes de la Coupe du monde féminine 2026 par une démonstration : 105-64 face à la Tchéquie. Un succès écrasant, un message clair. Trois matches, trois victoires, et surtout une 33e victoire consécutive en Coupe du monde, une série entamée en 2006. La machine est toujours en marche.
La veille encore, les États-Unis avaient souffert, étriqués, poussifs, limités à 55 points contre l’Italie, leur plus faible total dans la compétition depuis 1984. Vingt-quatre heures plus tard, le décor a changé. Même salle, même maillot, mais une attitude radicalement différente. L’intensité défensive est montée d’un cran, l’attaque s’est déliée, et six joueuses ont terminé à plus de dix points.
Breanna Stewart, elle, a régné.
Stewart, patronne assumée
En 17 minutes seulement, Breanna Stewart a signé une feuille de stats de patronne : 19 points, 7 rebonds, 6 passes. Une performance dense, sans fioritures, avec une emprise totale sur le tempo. Elle a ouvert la voie, dicté les choix, imposé le ton.
Aux côtés de Stewart, Napheesa Collier a donné le la dès l’entame. À elles deux, Stewart et Collier ont compilé 25 points en première mi-temps, écrasant rapidement les espoirs tchèques. Collier a terminé avec 12 points, agressive des deux côtés du terrain, symbole de cette réponse collective après la frayeur italienne.
Stewart, désignée joueuse du match, avait annoncé la couleur : elle voulait mener ce groupe « de plusieurs manières » et montrer l’exemple. C’est exactement ce qu’elle a fait. Avec cette quatrième participation à une Coupe du monde, elle rejoint Sue Bird et Diana Taurasi dans un club très fermé. Si Team USA va au bout et décroche l’or, Stewart égalera Bird au nombre de titres mondiaux. Le genre d’horizon qui change la manière d’aborder chaque possession.
Autour d’elle, le noyau de vétéranes a verrouillé le cadre. Dans une équipe qui compte neuf joueuses découvrant la Coupe du monde, les anciennes ont posé les standards. Intensité, exigence, précision. Les rookies n’avaient plus qu’à suivre.
Lawson secoue, l’équipe répond
Le tournant, en réalité, s’est joué la veille dans le vestiaire. Après avoir vu son équipe vaciller face à l’Italie, Kara Lawson n’a pas mâché ses mots. Elle a mis en cause la passion, la capacité à rivaliser, l’intensité générale. Porter le maillot des États-Unis impose un certain niveau de feu intérieur. Elle l’a rappelé, frontalement.
Le message a été entendu.
Face à la Tchéquie, les Américaines sont entrées sur le parquet avec une urgence presque rageuse. Trois tirs à trois points consécutifs pour lancer la rencontre, un 13-4 pour creuser l’écart, +14 après dix minutes. La différence de niveau s’est creusée, possession après possession, rebond après rebond. Tous les signaux faibles aperçus contre l’Italie ont été corrigés. Tous les doutes, balayés.
Chaque joueuse de Team USA a marqué au moins un point. Angel Reese a apporté 13 points près du cercle, Jackie Young et Collier 12 chacune, Paige Bueckers et Sonia Citron 10 chacune. Une répartition offensive qui dit tout de la profondeur de ce groupe.
À la pause, Kara Lawson pouvait savourer l’attitude plus que le score. Elle l’avait annoncé : l’attaque finirait par se remettre en place. Elle voulait de l’effort, de l’énergie, de la cohérence. Elle les a obtenus.
Iriafen, de la tribune à l’impact
S’il fallait une illustration de la profondeur américaine, Kiki Iriafen s’en charge. DNP contre l’Italie, elle n’avait pas foulé le parquet. Vingt-quatre heures plus tard, Kara Lawson fait appel à elle. Huit minutes plus tard, Iriafen a changé la physionomie du combat au rebond.
Cinq points, 11 rebonds, dont six offensifs, plus une interception. En un éclair, elle a imposé sa présence dans la raquette, multipliant les deuxièmes chances et écrasant la Tchéquie physiquement. Rester prête, répondre à l’appel, saisir sa fenêtre : Iriafen a coché toutes les cases.
L’adresse lointaine revient
Contre l’Italie, Team USA avait tiré à 1 sur 12 à trois points. Un gouffre. Face à la Tchéquie, la première banderille est tombée très vite : un tir primé de Breanna Stewart à 9’09 de la fin du premier quart-temps pour ouvrir le compteur américain. Le symbole parfait.
Les États-Unis ont planté cinq tirs à trois points en première mi-temps, sept au total (7 sur 25), avec sept joueuses différentes à longue distance. Sans être flamboyante, l’adresse a retrouvé un niveau acceptable, suffisant pour étirer la défense et libérer les coupes vers le cercle. Kara Lawson a parlé de progrès en transition, de meilleurs repères en attaque placée, d’une vigilance défensive en hausse. Le match a validé ce diagnostic.
La Tchéquie dépassée de partout
Pour la Tchéquie, la soirée a pris des allures de constat brutal. Trois matches, trois défaites dans ce groupe D, après l’Italie et la Chine. Et pour finir, la tempête américaine.
Les chiffres sont sans appel : 55 rebonds à 35 pour Team USA, 52-30 pour les points dans la raquette, 16 balles perdues. Les joueuses de Romana Ptáčková savaient qu’elles allaient souffrir à l’intérieur. Elles l’avaient anticipé. Elles l’ont subi.
La seule éclaircie est venue d’Eliska Joklova. Une journée pourtant cauchemardesque pour elle. Quelques heures avant le coup d’envoi, le Minnesota Lynx annonçait la couper pour faire de la place à Aari McDonald. Puis est venue cette défaite de 41 points. Joklova a tout de même signé 19 points, meilleure marqueuse de son équipe et seule Tchèque à atteindre les dix points. Un baroud d’honneur, isolé, noyé dans la marée rouge, blanche et bleue.
Une ombre au tableau : les pertes de balle
Tout n’a pas été parfait côté américain. La première mi-temps a frôlé le sans-faute en gestion de balle : aucun ballon perdu dans le premier quart-temps, seulement deux à la pause. Ensuite, la concentration a légèrement glissé. Onze pertes de balle en seconde période, 11 points offerts à la Tchéquie.
Dans un match plié aussi vite, le coût reste limité. Mais à l’approche des quarts de finale, ce genre de relâchement devient une alerte. Kara Lawson l’a rappelé : ce groupe progresse chaque jour, apprend à jouer ensemble, à communiquer, à lire les intentions des autres. Cette communication devra se traduire par une propreté accrue dans le jeu, sous peine de payer l’addition face à une opposition plus dense.
Cap sur les quarts
Avec ce succès, Team USA boucle le groupe D en 3-0, sans trembler au classement, mais avec un avertissement utile en poche. Place désormais aux matches à élimination directe. En quarts de finale, jeudi 10 septembre, les Américaines affronteront la gagnante de Japon–Hongrie.
Les vétéranes ont rappelé qui tenait encore le volant. Les jeunes ont compris la hauteur de la marche. La série de 33 victoires en Coupe du monde tient toujours. Reste à savoir jusqu’où ce groupe, à la fois en construction et déjà impitoyable, peut la prolonger.




