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Tottenham écrase Charlton 5-0 avec Savio en vedette

Tottenham a mis du temps à se mettre en route, mais une fois la machine lancée, Charlton n’a plus vu le jour. Un score de 5-0, une démonstration offensive en seconde période, et un nouveau visage à 85 millions qui fait déjà lever le stade : la soirée avait des airs d’avertissement envoyé au reste du pays.

Moore ouvre, Solanke punit juste avant la pause

Pendant près de 45 minutes, Charlton a cru pouvoir tenir. Compact, discipliné, porté par un Antonin Kinsky vigilant, le bloc adverse a résisté, grattant du temps et des mètres. Tottenham, lui, tournait autour sans trouver la faille, avec un rythme plus appliqué que tranchant.

Puis Mikey Moore a décidé d’accélérer l’histoire.

Le jeune attaquant a brisé le verrou avec un éclair de pure classe. Force dans les duels, toucher soyeux, dribbles courts pour se faufiler entre les défenseurs : il a créé sa propre ouverture et frappé au moment où Charlton commençait à regarder la mi-temps. Une action qui a changé le ton du match.

La blessure psychologique a été immédiate. Trois minutes plus tard, Dominic Solanke a enfoncé le clou. Dos au but, contrôle, pivot, finition propre : un geste d’avant-centre sûr de lui, qui rappelle pourquoi Roberto De Zerbi le voit comme son numéro un dès qu’il sera à 100 %. Tottenham rentre au vestiaire avec un 2-0 net, construit en un éclair au moment le plus cruel pour Charlton.

Le contrôle, puis la punition

Au retour des vestiaires, les Spurs ont cessé de forcer le jeu. Ils ont simplement imposé leur loi.

Jan Paul van Hecke a orchestré depuis l’arrière, véritable métronome défensif. Avec seulement six passes manquées sur 96 tentées et un volume impressionnant de ballons joués vers le dernier tiers, le Néerlandais a dicté le tempo, cassant les lignes sans s’exposer. À ses côtés, Ben Davies a géré sans trembler, peu inquiété, propre dans ses interventions.

Au milieu, Rodrigo Bentancur a mis du temps à se régler, quelques gestes un peu précipités au départ, mais une fois dans le bon tempo, il a imposé sa puissance et sa sérénité sous pression. Lucas Bergvall, lui, a retrouvé des couleurs après sa sortie compliquée face à Brentford, plus à l’aise balle au pied, plus tranchant dans ses choix.

Mateus Fernandes, pour sa première titularisation depuis son arrivée à 85 millions, a laissé entrevoir pourquoi Tottenham a tant investi. Toujours disponible, capable de se sortir du pressing d’un simple demi-tour, il a apporté de la verticalité dans l’axe. Son moment fort arrive à la 67e minute : coup franc travaillé, ballon subtilement déposé, et Kevin Danso, tout juste entré, catapulte de la tête son premier ballon au fond des filets. 3-0, match plié, symbole parfait d’un collectif huilé.

Savio, entrée fracassante pour un début de règne

Puis le stade a grondé. Savio s’est levé du banc.

Attendu, scruté, déjà étiqueté par son prix, le Brésilien n’a pas perdu de temps. Quelques touches de balle pour sentir le rythme, puis une frappe sèche, tendue, au ras du sol, depuis l’entrée de la surface. Puissance, précision, détermination : son premier but sous le maillot de Tottenham arrive comme une déclaration. Le public exulte, De Zerbi peut cocher une première case : l’« end product » demandé est là.

Savio ne s’est pas arrêté là. Toujours dans les bons espaces, toujours tourné vers le but, il provoque une nouvelle fois, arme une frappe qui dévie sur Ben Davies avant de finir au fond. Le but est officiellement accordé au défenseur gallois, mais l’action porte la signature du Brésilien. Tottenham mène alors 5-0, la soirée tourne à la démonstration.

Sur les côtés, Destiny Udogie a profité de ces minutes pour retrouver du rythme, multipliant les projections vers l’avant, tandis qu’Archie Gray, généreux mais parfois maladroit dans le dernier geste, a tenu son couloir sans être réellement mis en danger. L’entrée de Pedro Porro a encore ajouté une couche de menace offensive, offrant une autre palette dans le couloir droit.

Une seule ombre au tableau

Tout n’a pourtant pas été parfait. Antonin Kinsky, auteur de deux belles parades – une dans chaque mi-temps – a longtemps cru pouvoir repartir avec un clean sheet. Kevin Danso aussi, impeccable après son entrée malgré un coup reçu à la tête sur son but. Mais en fin de match, Jones a finalement trouvé la faille de la tête, privant Tottenham d’une soirée totalement immaculée défensivement.

La frustration est réelle pour les hommes de l’arrière-garde, tant Charlton avait été contenu et rarement dangereux dans les zones qui comptent. Mais elle ne suffit pas à ternir la performance collective ni l’impression laissée par ce Tottenham-là.

Entre un Mikey Moore déjà décisif, un Solanke qui s’installe, un Fernandes qui commence à diriger le jeu et un Savio qui électrise les tribunes dès ses premières minutes, une question s’impose déjà : si ce n’est que le début, jusqu’où cette équipe peut-elle aller cette saison ?