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Trabzonspor refuse la démission de Fatih Tekke après l'élimination en Europa League

Trabzonspor a pris un coup en pleine poitrine en Europa League. Un 4-0 sec encaissé sur la pelouse de Ferencvaros, une élimination sans marquer le moindre but, 5-0 sur l’ensemble des deux matches. Une claque.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Fatih Tekke a voulu endosser seul la responsabilité. L’entraîneur, artisan de la troisième place en Super Lig la saison passée, a présenté sa démission. Un geste fort, presque instinctif.

Le club l’a stoppé net.

Une démission jugée « émotionnelle »

Vendredi matin, Trabzonspor a officiellement refusé de tourner la page Tekke. La direction a expliqué que la décision de son coach de 48 ans découlait de « l’intense impact émotionnel » de cette sortie de route européenne. Autrement dit : le club considère que la gifle de Ferencvaros ne doit pas balayer d’un revers de main le travail accompli depuis un an.

Tekke reste donc en place, malgré l’élimination prématurée. Trabzonspor ne verra pas la phase de groupes de l’Europa League, mais la saison européenne n’est pas morte pour autant : le club bascule en Europa Conference League et connaîtra ses six adversaires de la phase de ligue ce vendredi. Une consolation, mais aussi une obligation de réaction.

Un mercato XXL… pour un fiasco européen

Ce revers fait d’autant plus mal que Trabzonspor s’est offert un été de très grand club. Sur le marché des transferts, les dirigeants ont frappé fort, très fort.

Mohamed Salah, 34 ans, a choisi de quitter Liverpool à l’amiable à la fin de la saison dernière. Le troisième meilleur buteur de l’histoire des Reds – 257 buts en 442 matches depuis son arrivée en 2017 en provenance de Roma – a surpris l’Europe en posant ses valises sur les bords de la mer Noire. Un pari immense pour lui, un coup de tonnerre pour Trabzonspor.

Fabinho, lui aussi champion d’Angleterre, a rejoint le projet. Andre Onana est revenu au club en prêt depuis Manchester United. Des noms, des trophées, de l’expérience au plus haut niveau. Sur le papier, Trabzonspor s’est offert une colonne vertébrale capable de bousculer les hiérarchies.

Et pourtant, l’Europe vient déjà de lui claquer la porte au nez à un premier palier.

Salah démarre, l’Europe s’éloigne

Le contraste est saisissant. Samedi dernier, Mohamed Salah a signé ses deux premiers buts sous ses nouvelles couleurs lors d’une victoire 2-1 contre Istanbul Basaksehir. Un début de romance parfait avec son nouveau public, la promesse d’un leader offensif capable de tout changer.

Quatre jours plus tard, la même équipe s’effondre 4-0 en Hongrie. Sans réaction, sans but, sans relief.

Ce n’est pas seulement une élimination. C’est un rappel brutal : les grands noms ne suffisent pas, et la pression qui accompagne ce genre de recrutement peut aussi écraser un vestiaire en construction.

Tekke reste, la pression aussi

En refusant la démission de Fatih Tekke, Trabzonspor envoie un message clair : le projet ne sera pas redessiné sur un seul échec, même cinglant. Le club maintient sa ligne, son entraîneur et ses ambitions.

Mais le décor a changé. La Conference League devient un passage obligé pour se racheter, pour offrir à Salah, Fabinho et Onana autre chose qu’un simple rôle de stars de Super Lig. Les supporters, eux, ne se contenteront pas de beaux noms sur l’affiche.

Tekke a voulu partir sous le coup de l’émotion. Trabzonspor l’a retenu.

La prochaine fois que la tempête soufflera, le club aura-t-il encore ce luxe ?