Trail Blazers : Un staff d'entraîneurs renouvelé pour la saison 2026-27
À Portland, le chantier est clair : avant de reconstruire une équipe, les Trail Blazers ont décidé de bétonner le banc. Et pour la saison 2026-27, Micah Nori s’avance avec un staff qui ressemble davantage à un laboratoire de haut niveau qu’à un simple groupe d’assistants.
Le retour poids lourd de Jay Triano
Le nom qui saute aux yeux, c’est celui de Jay Triano. Une légende du coaching nord-américain, futur intronisé au Canada’s Sports Hall of Fame en 2026, et déjà bien connu dans l’Oregon.
Triano revient à Portland avec deux décennies d’expérience sur les bancs NBA, deux postes de head coach à Toronto (2008-2011) puis Phoenix (2017-2018), et un rôle central dans l’histoire du basket canadien. Premier entraîneur principal canadien de l’histoire de la ligue, il a dirigé l’équipe nationale sur deux longues périodes (1999-2004 puis 2012-2019) après avoir lui-même disputé trois Jeux olympiques comme joueur.
Il connaît déjà les couloirs du Moda Center : il y a été assistant de 2012 à 2016 avant de filer à Dallas, où il sort d’une saison aux côtés des Mavericks. Son retour donne une épaisseur immédiate au staff de Nori. Une caution d’expérience, mais aussi un relais pour un groupe jeune en reconstruction.
Mike Williams, l’ascension fulgurante
À l’autre bout du spectre, Mike Williams incarne la nouvelle génération. Il arrive de l’Utah Jazz, où il a été assistant de 2023 à 2026. Avant ça, il s’est fait un nom en G League, en prenant les commandes de la franchise affiliée aux Washington Wizards, les Capital City Go-Go.
Là-bas, il est devenu l’un des plus jeunes head coaches de la ligue, menant son équipe à un bilan de 19-13 et jusqu’aux demi-finales en 2022-23. Une trajectoire déjà marquée par Portland : Williams a commencé comme stagiaire en développement des joueurs chez les Blazers, avant de partir à Washington comme assistant player development de 2018 à 2021.
Le voilà de retour, cette fois sur le banc principal, avec une réputation de formateur capable de faire éclore du talent dans un environnement exigeant.
Quinton Crawford, déjà champion, déjà installé
Quinton Crawford enchaîne, lui, sa deuxième saison à Portland. Assistant confirmé, il arrive avec un CV déjà riche : un titre de champion G League avec les Stockton Kings en 2025, dès sa première saison comme head coach, et des passages comme assistant aux Phoenix Suns, aux Dallas Mavericks et aux Los Angeles Lakers.
Il était d’ailleurs membre du staff sacré champion NBA avec les Lakers en 2020. Une expérience de la gagne précieuse dans un vestiaire qui cherche encore ses repères.
Gilbert Abraham, au cœur du développement
Gilbert Abraham garde son double rôle : assistant coach et directeur du développement des joueurs, fonction qu’il occupe pour la troisième saison. C’est lui qui structure, dans l’ombre, le pont entre les données de performance, le travail individuel et la progression sur le long terme.
Avant Portland, Abraham a fait ses armes chez les Austin Spurs en 2022-23, dans l’environnement très cadré de la filière San Antonio. Il y a ajouté une dimension performance en dirigeant la partie préparation physique et développement chez Tandem Sports and Entertainment entre 2021 et 2023.
Dans une franchise qui mise sur la progression interne, son poste devient stratégique.
Leron Black, promotion méritée
Leron Black grimpe d’un cran. Après une saison comme coach de développement des joueurs, il est promu assistant coach. Un pas logique pour celui qui connaît déjà la maison de fond en comble.
Avant de rejoindre le banc principal, il a passé deux saisons comme assistant auprès de la filiale G League, Rip City Remix. Encore avant, il a fait ses classes à l’université de Dayton comme graduate assistant entre 2021 et 2023, après une carrière professionnelle à l’étranger, entre Argentine, Brésil et Mexique (2018-2021).
Black incarne ce profil moderne d’entraîneur passé par le terrain, par les voyages, par la G League, et qui comprend intimement le parcours des jeunes joueurs en quête de place.
Pooh Jeter et Jason Luhnow, artisans du quotidien
Pooh Jeter poursuit sa route à Portland. Il entame sa quatrième saison comme Player Development Coach, un rôle où son vécu parle pour lui. Passé par G League Ignite de 2021 à 2023, il y a servi de guide à une génération de prospects promis à la NBA. Avant ça, il a goûté à la ligue avec les Sacramento Kings en 2010-11 et a sillonné le globe, de l’Espagne à la Chine en passant par Israël, la France, la Turquie et l’Ukraine.
Son lien avec la ville est fort : il a été intronisé au University of Portland Athletic Hall of Fame le 27 septembre 2024. Une figure respectée, qui donne du crédit au discours sur le travail et la longévité.
Jason Luhnow, lui, change de dimension. Pour sa quatrième saison dans l’organisation, il devient coach de développement des joueurs à temps plein après avoir combiné vidéo et développement l’an dernier. Son parcours est celui d’un local qui a gravi tous les échelons : formé à Lake Oswego High School, joueur marquant de Lewis and Clark College, puis expatrié en Australie avec les Woodville Warriors en NBL1.
Avant de revenir chez les Blazers, il a coaché au niveau lycée à Lake Oswego, en junior varsity puis en varsity, tout en accompagnant des joueurs universitaires et professionnels dans leur progression. Un profil hybride, entre vidéo, terrain et pédagogie.
La cellule vidéo et le tir, nerfs de la guerre
Autour d’eux, la structure technique reste stable. Ikenna Smart continue comme vidéo coordinateur et coach de développement, rôle clé dans une NBA obsédée par l’analyse des séquences et les ajustements micro-tactiques.
Ty Vitko revient pour une deuxième saison comme assistant vidéo coordinateur, tandis que John Townsend conserve sa place de shooting coach. Dans une ligue où l’adresse extérieure dicte le plafond d’une attaque, la continuité sur ce poste n’a rien d’anodin.
Nate Bjorkgren, nouveau rôle stratégique
Nate Bjorkgren ne quitte pas la franchise, il change de poste. Pour sa quatrième saison à Portland, il devient Special Assistant to the Coaching Staff and Basketball Operations. Une fonction transversale, à la frontière entre terrain et front office.
Son expérience est lourde : assistant coach à Toronto sur deux périodes (2018-2020 puis 2021-2023) et head coach des Indiana Pacers en 2020-21. Sa lecture du jeu et sa connaissance des dynamiques de vestiaire devraient nourrir autant les choix tactiques que les décisions structurelles.
James Brocato, la donnée au service de la gagne
Dernière pièce ajoutée au puzzle : James Brocato arrive comme Director of Basketball Innovation après douze ans chez les Dallas Mavericks, où il occupait récemment le poste de Director of Basketball Analytics.
Son rôle est clair : transformer les données en avantage compétitif. Utiliser les chiffres pour éclairer les décisions à tous les niveaux des opérations basket. Brocato arrive avec un profil atypique, entre droit (Juris Doctor à Gonzaga University School of Law) et psychologie (Bachelor of Arts à Washington State University). Un mélange qui colle parfaitement à une NBA où la compréhension de l’humain compte autant que la modélisation statistique.
Portland n’a pas seulement changé de staff. La franchise a redessiné sa salle des machines. Reste à voir comment cette armée de techniciens, de pédagogues et de stratèges parviendra à transformer une base jeune et talentueuse en équipe capable de bousculer l’Ouest.




