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Truro et son rêve de FA Cup

La route de la FA Cup ramène toujours les mêmes souvenirs à Connor Riley-Lowe. Et les mêmes frustrations. À l’heure de reprendre le chemin des tours préliminaires, le capitaine de Truro City sait exactement ce qui attend son équipe : un déplacement compliqué, encore, cette fois sur la pelouse de Merthyr Town en deuxième tour de qualification.

Pour un club installé au sixième échelon ou en dessous, le constat est brutal : depuis l’exploit de 2017, lorsque Truro avait atteint le premier tour, les Cornouaillais n’ont franchi cette étape qu’une seule fois. Trop peu pour un groupe qui estime avoir les armes pour aller plus loin.

« Si on regarde les quatre ou cinq dernières années, je ne pense pas qu’on ait eu des tirages faciles, ils n’ont pas du tout été en notre faveur », souffle Riley-Lowe au micro de BBC Radio Cornwall avant le voyage au pays de Galles. Les chiffres lui donnent raison : beaucoup de déplacements, souvent chez plus fort, rarement l’ombre d’un cadeau.

Un tirage encore corsé

Cette saison ne fait pas exception. Merthyr à l’extérieur, un adversaire solide, ancré dans son championnat, loin de l’affiche rêvée face à une équipe de divisions inférieures.

« On a eu beaucoup de matchs à l’extérieur et des adversaires que l’on peut considérer plus haut dans la pyramide, explique le capitaine. Même ce tirage-là, aller à Merthyr, c’est vraiment costaud, c’est une équipe très forte. »

Il ne se cache pas : comme tous les clubs de ce niveau, Truro espérait un tour plus clément, une opposition venue de plus bas, histoire de maximiser ses chances de poursuivre l’aventure.

« Sans manquer de respect à qui que ce soit, il y avait beaucoup d’équipes plusieurs divisions en dessous et naturellement tu en veux une, parce que tu te dis que tu as la meilleure opportunité », admet-il.

Mais la FA Cup ne se plie pas aux souhaits des capitaines. Elle impose son propre scénario. À Truro de s’y adapter.

Le souvenir de Charlton comme boussole

Dans ce vestiaire, peu de joueurs peuvent raconter de l’intérieur la dernière grande épopée. Riley-Lowe en fait partie. Il reste l’un des rares survivants de la campagne 2017, celle qui avait offert à Truro un déplacement historique sur la pelouse de Charlton Athletic, alors en League One, au premier tour.

Avant cela, il avait fallu se frayer un chemin. Un soir de novembre, Noah Keats signe un doublé face à Hampton & Richmond (2-0) et propulse Truro dans l’histoire : premier club cornouaillais en 48 ans à atteindre le premier tour de la FA Cup. Un jalon, un symbole, un déclic.

Quelques jours plus tard, The Valley, l’enceinte de Charlton, s’ouvre à eux. Truro s’incline 3-1, mais sans baisser la tête. Tyler Harvey, aujourd’hui encore l’attaquant phare du club, marque ce jour-là. Riley-Lowe, lui, garde chaque détail en mémoire.

« À part les deux journées de montée, c’est mon meilleur jour dans le football », confie-t-il. On comprend vite pourquoi. À l’époque, Truro n’a ni le statut ni la reconnaissance d’aujourd’hui. « Truro était un tout petit club et pas grand monde n’en avait entendu parler. Pour nous, aller à Charlton, c’était énorme. »

Le déplacement devient une fête. Le club emmène un contingent de supporters conséquent, se montre à la hauteur, bouscule un adversaire largement favori.

« On a vraiment fait honneur au club ce jour-là, on a été un peu malchanceux. Je sais que Charlton avait fait pas mal de changements, mais un autre jour, on aurait très bien pu aller chercher quelque chose. »

L’espoir tenace d’un nouveau coup d’éclat

Ce souvenir ne s’estompe pas. Il sert de repère, de carburant. Riley-Lowe ne s’en cache pas : il rêve de revivre une telle journée.

« C’était une journée incroyable et j’adorerais la reproduire », lâche-t-il. Mais il sait aussi comment fonctionne la compétition. Le tirage, encore lui, dicte souvent la hauteur du plafond.

« Il faut aussi que le tirage te sourie, non ? » glisse-t-il, mi-sourire, mi-réaliste.

Truro ne part pourtant pas battu. Le capitaine se raccroche à ce que le groupe a déjà montré : la capacité à survivre à des parcours piégés, à enchaîner les matchs compliqués pour finalement atteindre la lumière.

« On l’a déjà fait : on a eu quelques matchs difficiles et on est passé. Il n’y a aucune raison pour qu’on ne puisse pas refaire ça cette année », insiste-t-il.

La phrase tombe, simple, presque comme un défi lancé à son propre vestiaire. Car derrière les statistiques et les tirages défavorables, il reste ce qui fait l’âme de la FA Cup : la possibilité, en 90 minutes, de bousculer la hiérarchie, de faire naître un héros inattendu, de changer le destin d’un club.

« La FA Cup fait des héros, non ? » conclut Riley-Lowe.

À Merthyr, Truro saura vite si cette campagne est une nouvelle histoire contrariée ou le début d’un conte qu’on racontera encore dans les Cornouailles dans quelques années.