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Thomas Tuchel et Trent Alexander-Arnold : Un retour sous tension

Thomas Tuchel rouvre le dossier Trent Alexander-Arnold. Et cette fois, le sélectionneur d’England reconnaît, à demi-mot, que son latéral n’a pas toujours été traité avec une justice parfaite.

Tuchel admet une part d’injustice

Au micro de BBC Radio 5 Live, Tuchel a levé le voile sur la mise à l’écart prolongée d’Alexander-Arnold, écarté jusqu’à manquer la Coupe du monde. Un choix lourd, assumé, mais pas totalement irréprochable à ses yeux.

« Était-ce toujours juste ? Peut-être pas de mon côté », concède-t-il.

La phrase claque, surtout pour un joueur qui, avant cette trêve internationale, n’avait eu droit qu’à 26 petites minutes contre Andorra depuis l’arrivée du technicien en octobre 2024.

Le contexte, lui, plaide pour le sélectionneur : la dynamique d’un groupe qui « volait », selon ses mots, et qu’il n’a pas voulu bousculer. Le prochain rassemblement était en septembre, le train avait déjà pris de la vitesse, et Alexander-Arnold était resté sur le quai.

La force de l’élan… et le prix à payer

Tuchel s’est appuyé sur un argument simple : ne pas toucher à une équipe qui gagne. L’élan de la sélection l’a poussé à reconduire les mêmes hommes, camp après camp. Résultat : la porte est restée fermée pour Alexander-Arnold.

« Nous étions soudainement en pleine réussite et nous avons gardé le même groupe en octobre, et c’était terminé pour lui », explique-t-il.

Aucun retour possible à court terme, que ce soit « juste ou non ». Le sélectionneur a choisi la loyauté envers ceux qui étaient déjà là, plutôt que la réintégration d’un cadre bousculé par les choix précédents.

Pendant ce temps, le latéral a dû se reconstruire ailleurs. Trois titularisations avec Real Madrid sous les ordres de Jose Mourinho cette saison, un niveau retrouvé, une influence redevenue évidente. Sa forme en club a fini par forcer la main du sélectionneur. Le talent ne pouvait plus rester à la porte.

Un retour, mais aucune garantie

Le rappel d’Alexander-Arnold ne s’accompagne d’aucun tapis rouge. Tuchel l’a martelé : une convocation n’est pas une récompense à savourer, c’est une exigence à honorer.

« Vous ne venez pas pour vous détendre. Vous ne venez pas pour faire une pause. Vous venez pour performer », prévient-il.

Le message est clair, presque brutal. Ceux qui brillent aujourd’hui ont la confiance du staff. Ceux qui reviennent, eux, doivent immédiatement se mettre au niveau.

Alexander-Arnold est explicitement cité, mais Tuchel refuse d’en faire un cas particulier : « Cela inclut Trent mais ce n’est pas exclusivement pour lui. C’est pour tous ceux qui viennent à nos rassemblements. » Autrement dit : le passé ne protège personne. Ni les anciens, ni les revenants.

L’épreuve de vérité arrive

Le timing de ce retour ne laisse aucune marge. England s’apprête à défier les champions du monde en titre, Spain, samedi, avant un déplacement piégeux en Czechia en UEFA Nations League. Deux rendez-vous qui ne pardonnent ni le retard de forme, ni l’approximation.

Pour Alexander-Arnold, tout commence sur le terrain d’entraînement. Il doit prouver, séance après séance, qu’il peut transposer son influence madrilène au maillot d’England. Sa qualité de pied, sa vision, sa capacité à casser des lignes : tout est connu. Ce qui reste à démontrer, c’est sa place dans le système Tuchel, dans une équipe où la concurrence a profité de son absence pour s’installer.

Le sélectionneur, lui, ne renie pas ses choix passés. Il les explique par la logique du moment, par la nécessité de suivre une vague victorieuse. Mais en rouvrant la porte et en admettant que la balance n’a pas toujours été parfaitement équilibrée, il place désormais Alexander-Arnold face à une question simple, implacable : jusqu’où peut-il reprendre ce qui lui appartenait autrefois en sélection ?