logo

Tunisie : Chaabani relance Sassi et Maaloul pour la CAN 2027

Moïne Chaabani n’a pas tremblé. Pour attaquer les deux premières journées des qualifications de la CAN 2027, face à l’Ouganda le 24 septembre puis au Botswana le 28, le sélectionneur de la Tunisie a choisi de tourner une page. Brutalement, presque. Et de rappeler quelques cadres qui avaient disparu des radars au moment du Mondial 2026.

Au cœur de ce virage, deux noms qui comptent dans l’histoire récente des Aigles de Carthage : Ferjani Sassi et Ali Maaloul.

Sassi, le brassard oublié qui revient aux affaires

Longtemps symbole de cette sélection – brassard au bras lors de la CAN et de la Coupe arabe – Ferjani Sassi avait vécu l’humiliation sportive suprême : regarder la Coupe du monde 2026 à distance, sans même figurer dans la liste. Chaabani efface cette fracture.

La Fédération tunisienne de football a officialisé son retour dans un groupe largement remodelé. Le milieu, aujourd’hui en championnat qatari, retrouve aussi deux autres revenants : Mohamed Ali Ben Romdhane et Aïssa Laïdouni. Trois joueurs actifs au Qatar, trois joueurs réintégrés d’un coup. Un signal clair : l’expérience reprend de la place dans le cœur du jeu.

Maaloul rappelé, Ali Abdi écarté malgré ses excuses

Sur le flanc gauche, un autre dossier brûlant. Ali Maaloul revient lui aussi après avoir manqué le Mondial. Un choix fort, surtout au regard du cas Ali Abdi.

Le défenseur de Nice, qui avait déclenché une vive polémique en Tunisie en se disant prêt à zapper la Coupe du monde pour aider son club à se maintenir en barrages, ne figure pas dans la liste. Ses excuses publiques n’y ont rien changé. Chaabani a tranché : la reconstruction se fera sans lui, au moins pour ce début de campagne.

Une sélection décapée depuis le Mondial

En comparant avec le groupe parti au Mondial 2026, la rupture saute aux yeux. Seuls 14 joueurs rescapent de la dernière Coupe du monde. Le reste ? Mis de côté, blessé ou retiré de la scène internationale.

  • Hannibal Mejbri manque à l’appel, touché et forfait.
  • Rani Khedira et Elyes Skhiri ont, eux, tiré un trait définitif sur la sélection.
  • Firas Chaouat, Dylan Bronn, Omar Rekik, Mohamed Haj Mahmoud, Mortadha Ben Ouanes, Elias Saad disparaissent de la liste.

Le message est brutal pour certains, limpide pour tous : plus personne n’a de garantie.

Des nouveaux visages pour une nouvelle campagne

Dans ce grand ménage, Chaabani ne se contente pas de rappeler les anciens. Il ouvre aussi la porte à une nouvelle génération.

Deux joueurs découvrent la sélection A :

  • Mohamed Sadok Guidida, attaquant de Club Africain,
  • Sami Chouchane, milieu de Dijon.

Deux profils offensifs, deux paris sur l’avenir. De quoi injecter un peu d’enthousiasme dans un groupe où les statuts viennent d’être secoués.

Les gardiens : Dahmen en repère, concurrence derrière

Dans les buts, la hiérarchie semble plus stable, avec Aymen Dahmen en figure de proue. À ses côtés, Sabri Ben Hassen et Mouhib Chamekh complètent le trio. Pas de révolution ici, mais une continuité nécessaire dans un secteur où la stabilité compte souvent plus que les coups d’éclat.

Gardiens :

  • Aymen Dahmen
  • Sabri Ben Hassen
  • Mouhib Chamekh

Une défense remodelée, Maaloul pour guider la ligne

Derrière, la ligne se redessine autour de quelques repères solides comme Montassar Talbi, mais avec des choix affirmés.

Défenseurs :

  • Yann Valery
  • Moatez Neffati
  • Adam Arous
  • Mohamed Nasraoui
  • Montassar Talbi
  • Alaa Ghram
  • Mohamed Amine Ben Hmida
  • Amine Charni
  • Ali Maaloul

Talbi reste le pilier axial. Maaloul apporte son expérience et sa qualité de pied sur le couloir gauche. Autour d’eux, une série de joueurs qui doivent encore s’installer durablement au très haut niveau international. La concurrence sera rude, les erreurs, peu tolérées.

Un milieu réarmé avec Sassi, Ben Romdhane et Laïdouni

C’est sans doute le secteur qui change le plus de visage. Avec le retour de Sassi, Ben Romdhane et Laïdouni, la Tunisie récupère un volume de jeu, de la personnalité et des relais techniques qu’elle avait perdus au Mondial.

Milieux :

  • Ferjani Sassi
  • Mohamed Ali Ben Romdhane
  • Aïssa Laïdouni
  • Hamza Rafia
  • Sami Chouchane
  • Ismail Gharbi
  • Anis Ben Slimane

Ismail Gharbi et Anis Ben Slimane incarnent ce pont entre générations, capables de courir, de créer, de casser des lignes. Rafia et Chouchane viennent ajouter des profils complémentaires. Sur le papier, le milieu paraît soudain plus dense, plus varié, plus armé pour gérer des matches piégeux à l’extérieur comme face à l’Ouganda.

Devant, un secteur offensif ouvert, sans grande star

En attaque, pas de grand nom qui écrase tout. Mais une palette large, avec des profils différents, de la percussion, de la vitesse, un peu de finesse entre les lignes.

Attaquants :

  • Khalil Ayari
  • Seifallah Ltaief
  • Elyes Achouri
  • Rayan Layouni
  • Sebastien Tounekti
  • Hamza Mastouri
  • Sadok Guidida

Sadok Guidida incarne le pari local, celui du buteur de championnat tunisien propulsé sur la scène continentale. Elyes Achouri, Layouni ou Tounekti peuvent apporter de la largeur et de la profondeur, indispensables dans des rencontres souvent fermées en qualifications africaines.

La Tunisie aborde donc ces premières journées de qualification avec un groupe à la fois familier et profondément transformé. Des cadres réhabilités, des figures du Mondial écartées, des jeunes promus sans filet.

Reste une question, simple et tranchante : ce coup de balai de Moïne Chaabani ouvrira-t-il enfin un nouveau cycle gagnant pour les Aigles de Carthage, ou marquera-t-il le début d’un pari à haut risque sur la route de la CAN 2027 ?