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Tyson Fury face à l'impasse : Usyk refuse d'être le plan B

Dans un sport aussi mouvant que la boxe, les plans changent au rythme des coups. Tyson Fury vient d’en faire l’amère expérience. Son superfight rêvé contre Anthony Joshua a explosé en plein vol, et le Britannique tente désormais de se raccrocher à ce qu’il peut.

Dans son esprit, la solution de secours s’appelait Oleksandr Usyk. Sur le papier, le nom parfait. Dans la réalité, une porte quasiment close. L’Ukrainien, ancien champion incontesté des lourds, n’a plus qu’une chose en tête : tirer le rideau avec un dernier combat qui ressemble à une sortie de scène choisie, pas à une date bricolée à la hâte.

Usyk vise son « last dance », pas un dépannage

Usyk arrive au bout de son histoire. Carrière pleine, héritage assuré, statut de référence de sa génération. Il veut un dernier chapitre, mais pas n’importe lequel. Son entourage, lui, veille au grain : accepter un duel monté en urgence pour dépanner Fury n’entre pas dans le plan.

L’idée est simple : ce dernier combat doit être maîtrisé, pensé, à la hauteur de ce qu’il a bâti. Pas une rustine sur le calendrier de quelqu’un d’autre.

Pendant ce temps, Fury s’agite.

Fury – Joshua, le combat qui s’éloigne

Le blocage avec Joshua ne vient pas des gants, mais des gradins. Fury a donné son feu vert pour New York, Madison Square Garden, le symbole, la lumière américaine. Joshua, lui, ne veut rien lâcher sur la localisation : ce sera le Royaume-Uni, Wembley Stadium ou rien.

Derrière ce bras de fer se cache un autre acteur clé : Turki Alalshikh, le financier saoudien qui pousse Zuffa Boxing et vise clairement le marché américain. Pour lui, ce choc doit se dérouler sur le sol des États-Unis, vitrine idéale pour son projet.

Résultat : Fury se retrouve au milieu, sans accord, sans affiche scellée, et avec une date en ligne de mire – novembre 2026 – qu’il veut absolument verrouiller. C’est là que le nom d’Usyk ressurgit.

Un appel public… et un refus poli

Fury a pris le micro de Sky Sports pour lancer son défi à Usyk, presque comme une bouteille à la mer :

« Tu as eu les décisions la dernière fois ; fair play à toi. Bonne chance à toi ; refaisons-le. Rejouons ça en novembre. Le ballon est dans ton camp maintenant… tu veux me combattre cette année, 2026, ou tu raccroches ? Dis-le-moi, parce que je cherche un nouvel adversaire. »

Le ton se veut respectueux, mais l’urgence transpire. Fury sait que le temps tourne, que l’affiche Joshua lui échappe, et que son calendrier se vide.

Problème : sportivement, l’argumentaire est fragile. Sur leurs deux combats, soit 24 rounds, Usyk a largement pris l’ascendant. Il a dominé, imposé son rythme, sa science, son intelligence. S’il y avait eu débat, si les décisions avaient été serrées, Fury aurait pu plaider pour une belle. Là, la supériorité affichée d’Usyk enlève beaucoup de sens à un troisième acte.

Usyk n’a plus besoin de Fury

Du côté ukrainien, le message est clair : Usyk n’a pas à servir de plan B. À ce stade de sa carrière, il choisit. Il trie. Il contrôle la sortie.

Son manager, Sergey Lapin, a répondu sans détour aux sorties de Fury :

« Usyk n’est pas le plan de secours de Tyson. Si Fury a besoin d’un adversaire, il devrait aller sur la plateforme Ready to Fight. Ils peuvent l’aider à lui en trouver un digne. »

Piqué au vif, Fury se retrouve face à une question brutale : que lui reste-t-il comme levier ? L’affiche qui pourrait redéfinir son héritage – Joshua – s’éloigne à mesure que les discussions s’enlisent. Usyk, lui, refuse le rôle de roue de secours. Et Lapin laisse entendre que cette insistance frôle la supplication.

Or un combat né de la panique, rarement, donne une grande nuit de boxe.

Et maintenant, qui pour Fury ?

Le constat est sec : le prochain adversaire de Fury ne sera pas Usyk. La porte est quasiment fermée, la priorité de l’Ukrainien est ailleurs, tournée vers un adieu contrôlé, choisi, assumé.

Reste une interrogation majeure : si le dossier Joshua ne se débloque pas, qui peut encore offrir à Tyson Fury le type de combat capable de marquer durablement sa carrière ?