logo

UFC 331 : Vera se relance, Tuivasa touche le fond

La soirée de l’UFC 331 avance à vive allure, portée par une carte préliminaire déjà chargée en histoires fortes. Entre la renaissance de Marlon Vera, la descente aux enfers de Tai Tuivasa et l’ombre des champions déchus Tom Aspinall et Ilia Topuria, la nuit à Las Vegas a déjà un parfum de tournant.

Marlon Vera éteint Jourdain et brise sa série noire

Marlon « Chito » Vera avait besoin d’un électrochoc. Il l’a trouvé. Après quatre défaites consécutives, l’Équatorien s’offre un TKO au troisième round face à Charles Jourdain et se remet brutalement dans le sens de la marche.

Dès le premier round, le ton est donné. Le rythme est fou, les échanges propres. Vera plante ses genoux au corps, Jourdain riposte en crochetant le buste, gauche et droite, sans complexe. Deux fois, Vera cueille une jambe, projette le Canadien au sol et lui assène quelques coups pour marquer les esprits. La reprise se termine debout, sur un vilain crochet gauche de « Chito » qui annonce la suite.

Le deuxième round bascule nettement. Vera durcit le ton au corps-à-corps, colle des coudes courts, puis déclenche une série magnifique : low kick, enchaînement de crochets, uppercut, tout passe. Jourdain est envoyé au tapis, se relève en fuyant vers la cage, mais reste sous le feu. Chaque fois qu’il tente un coup de pied, Vera le lit, le bloque, le ramasse et le renvoie au sol, précis et méchant en ground and pound. En fin de reprise, un genou au corps le replie encore.

Le troisième acte ne dure pas. Vera trouve à nouveau le crochet gauche, sec, propre. Jourdain s’écroule. En tombant, il fait un geste rare : il se signale lui-même à l’arbitre, comme pour dire stop. Combat terminé à 2’02 du round 3. Vera met fin à sa série de quatre revers et rappelle qu’il reste un poison chez les bantamweights. Jourdain, lui, quitte la cage marqué, notamment au niveau de l’orbite, et avec plus de questions que de réponses.

Tuivasa rejoint Ferguson dans une triste catégorie

Plus tôt dans la soirée, une autre histoire s’est écrite, bien plus cruelle. Robelis Despaigne a battu Tai Tuivasa par décision partagée (29-28, 28-29, 29-28), infligeant au favori du public sa huitième défaite de rang. Tuivasa égale ainsi le record peu enviable de Tony Ferguson : la plus longue série de revers de l’histoire de l’UFC.

Le troisième round résume l’état du « heavyweight » australien. Épuisé, il encaisse un high kick qui le frôle, puis trouve malgré tout un low kick parfaitement synchronisé qui fait plier Despaigne. Le Cubain se relève, les deux hommes se collent à la cage, s’échangent quelques coups sauvages, mais reviennent vite au corps-à-corps. Despaigne verrouille avec des overhooks, casse les tentatives de mise au sol et, quand l’ouverture se présente, projette Tuivasa au sol d’un mouvement judo un peu maladroit mais efficace. Il conclut avec un ground and pound correct dans la dernière minute.

Tuivasa se relève encore dans les ultimes secondes, balance ses derniers crochets, par orgueil plus que par lucidité. Le cœur est intact, mais les chiffres, eux, sont implacables : huit défaites d’affilée. À ce niveau, l’avenir dans l’organisation devient une question brûlante.

Despaigne impose son physique, Tuivasa s’épuise

Le deuxième round avait déjà montré la bascule. Tuivasa démarre fort, touche Despaigne avec un énorme overhand gauche qui le secoue. Plutôt que de finir debout, l’Australien choisit d’accoler son rival à la cage et de lutter. Mauvais pari.

Ils se séparent, Despaigne place un bon genou, puis les deux lourds se recollent au grillage. Cette fois, c’est le Cubain qui prend l’initiative : joli lancer, il retombe en side control. Il ne parvient pas à vraiment progresser au sol, et l’arbitre les relève, mais le message est passé. Tuivasa fatigue, Despaigne prend confiance. La suite lui donnera raison.

Aspinall déchu, Gane aux portes du trône

Pendant que les lourds de la soirée s’écharpent dans la cage, l’actualité de la catégorie reine a pris un virage dramatique cette semaine. Tom Aspinall a dû renoncer à son titre de champion des poids lourds, presque un an après la grave blessure subie à l’œil sur des pokes de Ciryl Gane.

Rechute dans sa convalescence, nouveau coup d’arrêt, et la ceinture quitte ses mains sans qu’il ait pu la défendre. Un cauchemar sportif. Dans le même temps, un scénario presque ironique se dessine : Gane, déjà champion intérimaire, pourrait être promu champion incontesté. Le Britannique, peut-être le champion le plus malchanceux de l’histoire récente de l’UFC, voit le titre filer vers celui qui, à l’inverse, pourrait devenir l’un des plus chanceux.

La catégorie lourde, déjà secouée ces derniers mois, change encore de visage. Et la question plane : quand Aspinall reviendra-t-il, et dans quel état ?

Topuria – Gaethje : la polémique qui refuse de mourir

Autre champion frappé par le destin : Ilia Topuria. Le Géorgien-espagnol a perdu sa ceinture lightweight en juin, lors d’un combat au White House face à Justin Gaethje, première défaite de sa carrière. Un choc qui continue de faire des vagues.

Topuria a laissé entendre cette semaine que Gaethje aurait pu avoir manipulé ses propres gants lors de ce duel. Une accusation lourde, qui relance les discussions alors même que Topuria annonce le début prochain de son camp d’entraînement pour son retour.

Gaethje, de son côté, a réagi, rejetant l’allusion et défendant la légitimité de sa victoire. La rivalité ne faiblit pas, la tension non plus. Si les deux hommes se recroisent un jour dans l’octogone, l’atmosphère promet d’être électrique.

La ceinture mouche au centre de toutes les attentions

Tout cela ne fait que tendre un peu plus l’air avant le plat principal de la soirée : la revanche entre Joshua Van et Alexandre Pantoja pour le titre des flyweights.

En décembre, leur première rencontre avait tourné au chaos. Pantoja, alors champion, s’était blessé à l’épaule au bout de 26 secondes à peine de son combat de défense contre Van. Le jeune prodige birman avait ainsi récupéré la ceinture dans des circonstances surréalistes, devenant le deuxième plus jeune champion de l’histoire de l’UFC.

Depuis, les trajectoires se sont croisées. Pantoja, 36 ans, n’a plus combattu. Van, 24 ans, a défendu son titre en mai face à Tatsuro Taira, survivant à de grosses tempêtes avant de s’imposer par arrêt dans ce qui restera comme l’un des combats de l’année. Cette victoire a donné du poids à son règne, aux yeux d’une bonne partie des fans.

Mais la vraie validation, la voici. Pour s’imposer comme le champion « légitime », Van doit battre Pantoja, cette fois sans blessure, sans polémique, face à l’un des grands noms pound-for-pound de la division. Le Brésilien, lui, revient avec une mission simple : reprendre ce qui, dans son esprit, ne lui a jamais été vraiment enlevé dans un combat.

La ceinture est la même. Les hommes, eux, n’ont plus rien d’inachevé. Ce soir, l’un des deux sortira de l’octogone avec la certitude d’être le vrai roi des mouches. L’autre devra apprendre à vivre avec ce vide.