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UFC Shanghai : Song Yadong foudroie Umar Nurmagomedov

À Shanghai, la salle était encore en train de se chauffer quand la soirée a basculé. Un uppercut, sec, brutal, et tout s’est éteint pour Umar Nurmagomedov. Song Yadong, lui, venait de signer le plus grand KO de sa carrière et de s’inviter avec fracas dans la conversation pour le titre chez les bantamweights.

Song Yadong renverse la montagne Nurmagomedov

Le combat avait pourtant commencé sur le terrain d’Umar Nurmagomedov. Premier round prudent, très calculé. Le cousin de Khabib tourne à l’extérieur, se méfie de la puissance de Yadong, choisit ses entrées. Il temporise, attend la moindre ouverture sur les jambes. Quand Song déclenche un low kick, Nurmagomedov plonge dans les hanches, le fait chuter partiellement et se retrouve en demi-garde sur le Chinois.

Le public gronde. Sur le sol, peu de dégâts des deux côtés, quelques frappes courtes, un contrôle propre mais sans violence. Nurmagomedov gère, neutralise, et repart avec un premier round logiquement en sa faveur sur les cartes non officielles.

Puis tout a changé.

Début du deuxième round, Umar tente d’imposer son rythme avec un jab et des low kicks. Song avance, sans se précipiter. Les deux hommes se répondent sur les jambes, Nurmagomedov cherche à nouveau le takedown… et se fait stopper net. Grosse défense de Yadong, moment clé. Le Russe remonte en boxe, place une combinaison, mais Song répond avec un crochet du droit qui annonce la suite.

Quelques secondes plus tard, l’instant de rupture. Dans un échange, Yadong déclenche une bombe en uppercut. Nurmagomedov s’écroule, éteint sur le coup. KO spectaculaire à 1’48 du deuxième round. Le genre de finition qui change une carrière, surtout face à un homme qui n’avait perdu que deux fois en vingt-deux combats.

Avec ce succès, Song Yadong grimpe à 24-9-1 en MMA (13-4-1 à l’UFC) et, dans la foulée, réclame un combat pour le titre. Difficile de dire qu’il n’a pas les arguments, après avoir couché un Nurmagomedov de cette manière.

Umar Nurmagomedov, lui, tombe à 20-2 (8-2 UFC) et voit sa marche vers la ceinture brutalement freinée. Dans une catégorie aussi dense, ce genre de KO laisse des traces, sportivement comme mentalement.

Denise Gomes glace Yan Xiaonan

Plus tôt dans la soirée, un autre visage s’est imposé avec violence. Denise Gomes a arrêté Yan Xiaonan dans le premier round, TKO à 4’49 après une séquence en furie.

Le début de combat est prudent, les deux femmes se jaugent. Xiaonan touche en premier avec sa droite, travaille les low kicks, trouve un joli enchaînement un-deux. Gomes répond, mais semble légèrement derrière dans le timing. Puis le duel explose. Les deux se mettent à swinguer à pleine puissance, sans toucher proprement au départ. Xiaonan reprend le contrôle, enchaîne quelques crochets et semble mieux lire les échanges.

Gomes, elle, ne lâche pas. Sa droite finit par trouver la cible, secoue Xiaonan, qui paraît se remettre mais reste exposée. Encore une droite lourde de Gomes, Yan répond, puis le couperet tombe : Xiaonan s’effondre, mise KO. Arrêt net, image forte. Gomes passe à 13-3 (7-2 UFC) et se rapproche dangereusement du haut du classement chez les strawweights. Xiaonan, désormais à 19-6 (9-5 UFC), encaisse un revers lourd dans sa course au sommet.

Kai Asakura accélère et détruit Aori Qileng

Chez les bantamweights, Kai Asakura a montré qu’il savait passer la seconde au bon moment. Premier round très mesuré, Aori Qileng avance, presse, mais les deux hommes se neutralisent. Asakura cible le corps, enchaîne quelques crochets au foie, touche proprement mais sans briser le combat. Un eye poke de sa part interrompt brièvement l’action, sans point retiré. Il termine le round en contrôle contre la cage, sans gros dégâts mais avec un léger avantage.

Le deuxième round ne dure presque pas. Asakura déclenche un high kick qui secoue immédiatement Aoriqileng. Ce dernier s’écroule, Asakura se jette sur lui, genou au corps, rafale de frappes. L’arbitre intervient à 0’34. TKO net. Asakura, désormais à 23-6 (2-2 UFC), repart avec un arrêt percutant et vise déjà des noms classés. Aoriqileng tombe à 26-14 (4-6 UFC) et recule encore dans la hiérarchie.

Su Mudaerji fait plier Alex Perez à la décision

Chez les flyweights, Su Mudaerji et Alex Perez ont livré un combat à deux visages. Debout, le Chinois a imposé son jeu de jambes et ses low kicks. Au sol, l’Américain a répondu par son grappling.

Premier round : Mudaerji prend le centre, pique les jambes, allonge son jab et sa jambe au corps. Perez tente des charges, trouve quelques crochets, mais se fait découper sur les low kicks. En fin de reprise, il obtient un takedown, se retrouve dans la garde de Mudaerji, sans réussir à infliger de gros dégâts. Les observateurs donnent le round au Chinois, porté par son striking.

Au deuxième, Mudaerji repart sur les mêmes bases, martèle la jambe de Perez, gère la distance. Perez finit par ajuster son timing, plonge sur les hanches et obtient un premier takedown. Il enchaîne plusieurs amenées au sol, contrôle depuis la garde, frappe en courte distance. Peu de volume, mais assez pour inverser la tendance. La reprise lui revient logiquement.

Le troisième acte se joue sur un fil. Mudaerji recommence à user les jambes de Perez, qui répond en collant son adversaire à la cage, cherchant à le contrôler au clinch. Le public s’impatiente, le combat se fige par moments. Puis Mudaerji sort une superbe inversion contre la cage, renverse la position, place une brève séquence offensive, avant que Perez ne revienne à son plan de pression contre la clôture. Sur la fin, le Chinois trouve encore quelques combinaisons propres.

Les juges tranchent tous en faveur de Su Mudaerji, 29-28 à l’unanimité. Il grimpe à 20-7 (7-4 UFC), Perez recule à 26-11 (8-7 UFC). Une victoire tactique pour le local, qui confirme qu’il sait aussi survivre dans un combat brouillon.

Liu Ce, puissance brute en light heavyweight

En light heavyweight, Liu Ce n’a pas eu besoin de beaucoup de temps pour faire parler sa force. Face à Levi Rodrigues Jr., il a construit son KO sur un travail méthodique des jambes.

Dès le début, Liu cisaille la cuisse de son adversaire. Low kicks violents, répétés, qui font déjà plier Rodrigues. Ce dernier répond avec quelques swings sauvages, proches de la cible, et tente même d’attraper une jambe pour amener au sol, sans succès. Il parvient tout de même à coller Liu contre la cage et cherche le takedown, mais le Chinois se dégage.

Liu revient au centre, continue de marteler les jambes. Un low kick fait clairement vaciller Rodrigues. Puis tout s’accélère. Un jab, un énorme coup qui l’envoie au tapis, Rodrigues se relève en titubant, chancelant dans l’octogone. Liu le suit, le mitraille de nouvelles frappes. Rodrigues, courageux, réplique malgré tout. Mais la dernière droite de Liu éteint définitivement les lumières. KO à 4’26 du premier round.

Liu Ce signe ainsi un début idéal à l’UFC : 4-1 en carrière, 1-0 dans l’organisation. Rodrigues Jr., désormais à 5-2 (0-2 UFC), se retrouve au bord du gouffre.

Bilal Hasan encaisse, puis termine Nilson Rojas

Chez les flyweights, Bilal Hasan a confirmé son statut d’espoir invaincu. Après avoir largement dominé Nilson Rojas au premier round, il a dû composer avec un début de deuxième reprise plus compliqué… avant de le mettre KO d’un seul coup.

Dès l’entame, Hasan impose un pressing étouffant. Low kicks, head kicks, front kick au corps qui fait plier Rojas, puis un gros direct du droit qui le force à reculer. Rojas encaisse, le nez en sang, mais refuse de céder. Hasan le fait tomber facilement, le malmène au sol, prend son dos, le frappe, genoux au corps dans le clinch. Rojas survit, mais sort du round largement dominé.

Le deuxième round raconte une autre histoire au départ. Rojas avance, pousse Hasan en arrière, le bouscule avec un push kick qui le fait trébucher. Hasan se relève, mais semble ralentir. Le jab de Rojas trouve sa cible, le travail au corps s’ajoute, un crochet du gauche touche propre. Hasan paraît moins vif, moins explosif. Rojas enchaîne une combinaison, commence à renverser l’élan.

Puis, en une seconde, tout s’écroule. Hasan déclenche une énorme frappe, Rojas tombe, KO. Arrêt à 2’28 du deuxième round. Hasan passe à 10-0 (1-0 UFC), Rojas subit sa première défaite en carrière (9-1, 0-1 UFC). Le Colombien a montré du cœur, mais la précision de Hasan a suffi.

Andre Lima, le contrôle puis l’étranglement

Namsrai Batbayar a passé trois rounds à courir après Andre Lima. Il a fini pris au piège dans une guillotine montée.

Dès le premier round, Lima impose sa pression, jab propre, low kicks lourds, et un travail clinique pour casser le rythme fou de Batbayar. Le Mongol bouge énormément, lance de grands crochets, mais touche peu. Un coup bas interrompt brièvement l’action, sans conséquence. Lima garde le contrôle et prend la première reprise sur les cartes.

Le deuxième round suit la même trame. Jab, low kicks, droites droites, Lima gagne l’échange debout, même si Batbayar parvient à placer quelques hooks puissants qui ouvrent une coupure à l’œil droit du Brésilien. Rien pour le faire paniquer. Il répond avec des contres propres, continue de découper la jambe adverse, et ferme la reprise en patron.

Le troisième acte tourne à la démonstration. Lima marche sur Batbayar, le pique au jab, casse sa base avec les low kicks. Batbayar n’a plus vraiment de réponses, balance toujours des bombes, mais dans le vide. Puis vient l’erreur fatale : il glisse. Lima se jette sur son cou, verrouille une guillotine, passe immédiatement en position montée. L’étranglement est serré, Batbayar roule sur le dos, coincé. Il finit par taper à 3’03 du troisième round.

Andre Lima grimpe à 12-1 (5-1 UFC) avec une victoire propre, maîtrisée, conclue par une finition technique. Batbayar, 10-2 (0-1 UFC), découvre la dure réalité du très haut niveau.

Rei Tsuruya, domination totale et étranglement arrière

Rei Tsuruya n’a laissé aucune ouverture à Kevin Borjas. Un seul round, un seul scénario : lutte, contrôle, démolition.

Dès le gong, Tsuruya plonge pour le takedown. Borjas défend une première tentative, mais se retrouve vite collé contre la cage. Le Japonais insiste, finit par le projeter au sol et s’installe en demi-garde, avec plus de quatre minutes pour travailler. Il alterne frappes au corps, coudes au visage, ground and pound méthodique. Borjas récupère la garde, mais continue de se faire matraquer.

La pression ne baisse jamais. Tsuruya envoie de grosses frappes, Borjas est clairement dépassé. Puis vient la transition : Tsuruya prend le dos, glisse son bras sous le menton, verrouille un étranglement arrière. Borjas n’a d’autre choix que de taper à 4’14 du premier round.

Rei Tsuruya passe à 12-1 (3-1 UFC), Borjas tombe à 11-6 (2-5 UFC). Une leçon de lutte et de contrôle.

Sean Woodson fait la différence sur le fil face à Jack Jenkins

Chez les featherweights, Sean Woodson et Jack Jenkins ont offert une bataille tactique, serrée, finalement tranchée par les juges en faveur de Woodson, en décision partagée.

Premier round : la différence de gabarit saute aux yeux. Woodson utilise sa taille, son allonge, et dicte le combat debout. Jenkins cible les jambes, mais se fait contrer proprement. Woodson trouve un joli direct du droit, enchaîne les combinaisons, ajoute des low kicks et un coup de pied au corps. Jenkins recule, subit. Les observateurs donnent logiquement la reprise à Woodson.

Le deuxième round change de ton. Jenkins ferme la distance, colle Woodson à la cage, le travaille en clinch, le touche sur la sortie avec un crochet. Il glisse sur un coup de pied, Woodson saute sur l’occasion, se retrouve en contrôle au sol et tente même un D’Arce choke. Jenkins renverse pourtant la position, prend le dos, cherche un étranglement arrière. Woodson frappe par-dessus l’épaule, mais doit faire attention à ne pas offrir le cou. Jenkins finit le round en contrôle au sol, en demi-garde, avec quelques frappes courtes. Round pour l’Australien.

La troisième reprise se joue à l’énergie. Jenkins ferme encore la distance, Woodson le cueille en entrée, jab, combinaisons rapides. Jenkins le plaque contre la cage, lutte pour le takedown, mais Woodson défend bien. Sur les breaks, Jenkins place quelques combinaisons, Woodson répond au jab, trouve une belle connexion au visage. Les dernières secondes voient Jenkins revenir coller Woodson à la cage, tandis que l’Américain aligne des coudes courts.

Les juges rendent un verdict partagé : 29-28, 28-29, 29-28 pour Sean Woodson, qui passe à 14-2-1 (8-2-1 UFC). Jenkins tombe à 14-5 (4-3 UFC), après une prestation solide mais insuffisante pour faire basculer les cartes.

Francesco Nuzzi frappe vite, très vite

Le combat entre Xiao Long et Francesco Nuzzi n’a duré qu’une minute, mais elle a été chargée.

Long démarre en trombe, tente un flying knee spectaculaire qui rate la cible, mais enflamme la salle. Nuzzi répond avec un genou au corps, puis un eye poke involontaire qui interrompt brièvement le combat. La reprise est rapide… et fatale pour le Chinois.

Nuzzi touche Long durement, le fait tomber, et termine le travail avec des frappes au sol. TKO à 1’00 du premier round. L’Italien signe des débuts parfaits à l’UFC avec un bilan porté à 12-2 (1-0 UFC). Xiao Long, lui, chute à 27-12 (1-3 UFC).

Hector Santiago s’impose comme une menace chez les bantamweights

Pour son premier combat à l’UFC, Hector Santiago a livré une copie impressionnante face à Lawrence Lui. Dès le premier round, il impose son rythme, ses combinaisons, et fait très vite comprendre qui est le patron debout.

Santiago avance, jab, enchaîne les crochets, fait mal. Lui tente de répliquer, mais ne parvient pas à gagner le respect de son adversaire. Sa tentative de takedown est facilement repoussée. Santiago lui ouvre l’œil droit, le marque durement. Le round est à sens unique.

Au deuxième, Lui sait qu’il doit changer le scénario. Il trouve une bonne droite, mais Santiago augmente encore l’intensité. Une combinaison, un coup qui le secoue, Lui s’écroule. Santiago se jette sur lui, enchaîne les frappes au sol. L’arbitre arrête le combat à 0’53 du deuxième round. KO, message envoyé.

Hector Santiago passe à 7-1 (1-0 UFC). Lawrence Lui, 8-2 (0-1 UFC), découvre brutalement le niveau requis pour exister chez les bantamweights.

Julia Polastri foudroie Xiong Jing Nan d’un high kick

Chez les strawweights, Julia Polastri a signé l’un des KO les plus marquants de la soirée. Face à Xiong Jing Nan, elle a d’abord souffert, avant de la mettre KO d’un high kick foudroyant.

Début de combat : Jing Nan contre proprement, touche au corps, trouve un un-deux précis, un crochet au foie, et semble mieux lire les échanges. Polastri avance, jabbe, mais se fait surprendre plusieurs fois. Puis la Brésilienne renverse le clinch, aligne des genoux au corps et au menton de Jing Nan.

Quelques secondes plus tard, la tête de série chinoise reste debout… pour un instant seulement. Polastri déclenche un high kick parfait. Jing Nan tombe, raide, KO à 3’06 du premier round. Image choc.

Julia Polastri passe à 15-6 (3-3 UFC). Xiong Jingnan, ancienne reine ailleurs, tombe à 19-4 (0-2 UFC) à l’UFC et voit ses ambitions dans l’organisation sérieusement compromises.

Cam Nelson refroidit la légende locale Ding Meng

En ouverture, le vétéran local Ding Meng affrontait Cam Nelson chez les welterweights. Trois rounds, un combat dur, et une décision unanime en faveur du visiteur.

Premier round : Nelson prend le centre de la cage, casse la jambe de Ding avec ses low kicks, trouve un takedown en fin de reprise. Depuis la demi-garde, il envoie quelques frappes lourdes, un coude qui marque. Ding avait touché proprement avec un straight gauche, mais trop peu pour inverser la tendance.

Au deuxième, Ding se montre plus agressif, presse davantage, touche avec un crochet du droit. Nelson répond en l’amenant au sol avec facilité. Il travaille depuis la garde, passe en demi-garde, cherche un étranglement bras-tête sans succès, puis obtient la montée et finit le round en frappant. Reprise clairement pour lui.

Ding, probablement mené 0-2, sort pour le troisième comme un homme en mission. Il attaque le corps, touche, force Nelson à le coller à la cage pour casser le rythme. Les tentatives de takedown de Nelson échouent à répétition, Ding renverse même la position, place un coude sur la sortie, puis une droite propre. Nelson semble fatigué, mais trouve enfin un takedown en toute fin de combat, passe en side control et termine en contrôle.

Les juges donnent tous 29-28 pour Cam Nelson, qui grimpe à 8-1 (1-0 UFC). Ding Meng, 35-11 (0-2 UFC), voit son retour à l’UFC prendre une mauvaise tournure.

À Shanghai, la carte a offert ce que l’UFC attend d’un déplacement majeur : des KO spectaculaires, des prospects qui confirment, des espoirs locaux qui explosent… et un bantamweight nommé Song Yadong qui vient de s’imposer comme un problème sérieux pour le champion. La question, désormais, n’est plus de savoir s’il mérite un combat pour le titre. Mais qui osera se mettre entre lui et cette opportunité.