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UFC Shanghai : Yadong Song renverse Nurmagomedov, Denise Gomes choque Yan

L’UFC avait promis un retour tonitruant à Shanghai. L’organisation est repartie avec bien plus qu’une simple soirée réussie : un choc au sommet renversé par Yadong Song, une héroïne locale brutalement éteinte, et une série de finitions qui ont transformé la salle en volcan… puis en cathédrale silencieuse.

Song renverse la dynastie Nurmagomedov

Le main event avait des allures d’examen de passage. D’un côté, Umar Nurmagomedov, 20-1 avant le combat, héritier d’un nom qui pèse lourd dans le sport et déjà installé comme futur prétendant chez les bantamweights. De l’autre, Yadong Song, enfant du pays, vétéran précoce de l’UFC, décidé à défendre son territoire.

Le premier round suit un script familier. Nurmagomedov teste la jambe, temporise, puis plonge dans les hanches. Double-leg propre, contrôle en half guard, coudes et poings qui s’abattent. Song s’en sort, se relève, mais le message est clair : au sol, le Russe est chez lui. 10-9 logique.

Le décor change brutalement au deuxième. Nurmagomedov entame fort avec un low kick intérieur, Song répond au corps, puis défend une première tentative de mise au sol. La tête de Song s’ouvre après un choc de crânes, une coupure nette au-dessus de l’œil droit. On pourrait croire le tournant défavorable. C’est l’inverse.

Sur une séquence qui ne paie pas de mine, Song trouve un uppercut du droit, plein derrière l’oreille. Nurmagomedov s’effondre, déjà inconscient. Le Chinois se jette sur lui, termine au sol avec quelques frappes et oblige Marc Goddard à intervenir à 1:48 du deuxième round. KO sec. La salle explose.

La série de Nurmagomedov s’arrête, la division bantamweight se réorganise, et Song, porté par une victoire monumentale, vient de rappeler que les plans de carrière tout tracés ne survivent pas toujours au choc de la cage.

Denise Gomes glace Shanghai : Yan s’écroule dans un silence assourdissant

Co-main event, ambiance électrique. Xiaonan Yan, ex-prétendante au titre strawweight, chouchoute du public, accueille Denise Gomes, puissance brute et confiance offensive.

Yan démarre bien. Low kicks, side kicks au corps, travail méthodique. Gomes répond en changeant de garde, en feintant, puis claque une première alerte : high kick, enchaînement de poings, Yan recule mais reste lucide. Le combat s’installe, Yan réplique avec son jab, trouve plusieurs overhands du droit, commence à cadrer la Brésilienne.

Gomes refuse de reculer. Elle plante un nouvel overhand droit, puis un autre. Les échanges deviennent de plus en plus durs au centre de la cage. Yan touche, Gomes touche plus fort. Elles se retrouvent au clinch, les deux campées sur leurs appuis.

La fracture arrive à moins de vingt secondes de la fin du round. Gomes décroche un coude droit monstrueux en plein centre. Yan s’effondre sur les genoux, submergée par une pluie de coups. Herb Dean stoppe le massacre à 4:49 du premier round. KO. La foule, jusque-là bouillante, se fige. Silence lourd. La favorite vient de tomber, sèchement, à domicile.

Gomes, elle, quitte la cage avec un statement brutal dans une catégorie déjà saturée de prétendantes.

Asakura allume Aori, Tsuruya et Lima étranglent la soirée

Plus tôt dans la soirée, Kai Asakura et Qileng Aori avaient lancé la partie haute de la carte avec une opposition de styles et de statuts : star japonaise d’un côté, guerrier chinois de l’autre.

Le premier round est discret. Asakura travaille la jambe, pique au corps, touche quelques droites propres. Aori répond avec des droites au-dessus, un front kick au plexus, un clinch contre la cage pour casser le rythme. 10-9 Asakura, sans éclat.

La suite ne laisse aucune place au doute. Dès l’entame du deuxième round, Aori tente un front kick au corps. Asakura répond par une droite au corps, un overhand gauche, puis un high kick qui claque plein visage. Aori chancelle, s’écroule en défense, Asakura se jette sur lui, le matraque de coups et de genoux au corps. Ribeiro intervient à 0:34 du round 2. TKO net, propre, clinique.

Chez les flyweights, deux spécialistes du grappling ont imposé leur loi.

Rei Tsuruya n’a pas perdu de temps face à Kevin Borjas. Touche de gants, double-leg immédiat, demi-garde, puis un déluge de ground-and-pound. Borjas tente de se relever, se retrouve assis contre la cage, replonge au sol sous la pression. Tsuruya lui prend le dos, glisse le bras sous le menton et serre le rear-naked choke. Borjas tape à 4:14 du premier round. Maîtrise totale.

Plus tard, Andre Lima et Namsrai Batbayar offrent un combat de pression et de patience. Lima dicte les deux premiers rounds avec ses low kicks, son jab sec et un travail au corps qui oblige le Mongol à reculer en permanence. Batbayar tente un sursaut au troisième : inside leg kicks, overhand, tentative de takedown, quelques bons crochets. Ça ne suffit pas. Sur une ouverture, Lima attrape le cou, verrouille une guillotine, tire en garde, roule en full mount et ajuste la prise. Batbayar abandonne à 3:03 du dernier round. Une démonstration de persévérance et d’opportunisme.

Les prospects frappent fort : Hasan, Liu, Gomes, Nuzzi…

Le reste de la carte principale a servi de tremplin à plusieurs noms qui, après Shanghai, ne seront plus vraiment des inconnus.

Bilal Hasan, chez les flyweights, a démoli Nilson Rojas avec une prestation de patron. Dès le premier round, il découpe la jambe, plante des body kicks, touche au visage, fait vaciller son adversaire avec un contre du droit. Rojas encaisse, répond par séquences, mais son visage se marque très vite, le nez en sang. Au deuxième, après une brève alerte sur un push kick qui le fait chuter, Hasan remet la pression. Rojas essaie de remonter la pente, s’engage en puissance… et se fait cueillir par un énorme droit par-dessus. Une gauche en suivant au sol, arrêt immédiat à 2:28 du round 2. KO sec, message envoyé.

Chez les lourds-légers, Ce Liu a offert l’un des highlights de la soirée. Levi Rodrigues démarre agressif, mais encaisse trop de low kicks et de frappes au corps. Liu le pique au jab, au middle, puis le surprend avec un overhand droit qui l’envoie au tapis. Rodrigues se relève, groggy. Liu ne le lâche plus : double jab, droite, salves le long de la cage. Rodrigues tente de répondre, mais un crochet droit terrible le coupe net. Face contre le sol, inconscient, à 4:26 du premier round. Le genre de KO qui tourne en boucle.

Chez les bantamweights, Francesco Nuzzi a stoppé Long Xiao en une minute. Un eye poke ralentit d’abord l’action, puis tout s’emballe. Xiao avance et se fait accueillir par une rafale de poings. Nuzzi le fait plier sur un genou, puis le martèle de gauches jusqu’à l’intervention d’Herb Dean à 1:00 du premier round. Xiao titube, erre presque hors de la cage. Fin brutale.

Denise Gomes, on l’a vu, a signé la performance de sa carrière contre Yan. Elle rejoint Liu, Hasan et Nuzzi dans la catégorie des finisseurs qui ont marqué la soirée au fer rouge.

Mudaerji fait dérailler le plan de Perez

Le duel entre Su Mudaerji et Alex Perez avait tout du test stylistique : kicker longiligne contre lutteur solide et expérimenté.

Le premier round tourne en faveur du Tibétain. Il découpe la jambe intérieure de Perez, le fait même chuter sur un low kick, gère la distance avec son jab et ses front kicks au corps. Perez obtient un takedown, mais Mudaerji neutralise, bloque, cale des coudes, et empêche toute offense significative. 10-9 pour le local.

Perez ajuste au deuxième. Il encaisse les jabs, les low kicks, mais trouve plus régulièrement le chemin du sol. Plusieurs mises au tapis, un travail en garde, des coups courts, des hammerfists, assez pour inverser la tendance et prendre le round.

Tout se joue dans le troisième. Mudaerji revient à sa base : jabs en série, inside leg kicks répétés, front kick au corps. Perez tente encore et encore le single-leg, se heurte à la défense et à la cage. Les clinchs se succèdent, Goddard réclame de l’action, Mudaerji glisse un genou, gagne un scramble, termine debout, plus actif. Il termine même par une combinaison de poings et deux tentatives spectaculaires – genou volant, spinning wheel kick – qui manquent de peu. Les juges tranchent : décision unanime 29-28 pour Su Mudaerji. Combat serré, mais victoire méritée sur le volume et le contrôle de la distance.

Violence éclair en préliminaires : Polastri, Santiago, Nelson au rendez-vous

La soirée avait commencé tôt, mais très fort.

Cameron Nelson a inauguré l’événement avec une prestation solide face à Meng Ding. Premier round : changement de niveau parfait, side control, ground-and-pound précis. Deuxième : même recette, avec passage en montée et pluie de frappes. Ding se réveille au troisième, défend mieux les takedowns, travaille au corps, gagne sans doute le round, mais Nelson arrache un dernier amené au sol dans la dernière minute. Décision unanime 29-28, logique.

Julia Polastri, elle, n’a eu besoin que de 3:06. Face à Jingnan Xiong, la Brésilienne encaisse quelques attaques au corps, quelques jabs, puis trouve sa fenêtre. Xiong laisse les mains trop basses après une série de coups. Polastri arme une jambe haute et déclenche un head kick d’une pureté effrayante. Impact plein visage. Xiong s’écroule, éteinte sur le coup. Aucun coup de grâce nécessaire. KO brutal.

Hector Santiago a ensuite livré une démonstration de boxe agressive contre Lawrence Lui. Dès le début, il avance, pilonne le corps, casse la distance. Le visage de Lui se marque, l’œil droit gonfle. Au deuxième round, Santiago ajuste un straight droit chirurgical. Lui tombe, Santiago le poursuit avec des droites en descente, et l’arbitre met fin au supplice à 0:53 du round 2.

Entre ces éclats, Sean Woodson a arraché une décision partagée disputée face à Jack Jenkins, dans un duel de jabs, de low kicks et de séquences au sol, tandis que Namsrai Batbayar subissait la pression constante d’Andre Lima avant de céder sur la guillotine.

Shanghai aura donc été le théâtre de tout ce que l’UFC aime mettre en vitrine : KO spectaculaires, soumissions propres, retournements de situation et idoles locales renversées ou consacrées. Yadong Song a brisé l’aura d’invincibilité de la lignée Nurmagomedov, Denise Gomes a fait taire une arène acquise à Yan, et une nouvelle vague de noms – Hasan, Liu, Tsuruya, Nuzzi – a frappé à la porte du haut du tableau.

La question désormais : qui, parmi ceux qui ont allumé la nuit de Shanghai, saura transformer cette soirée de gloire en véritable ascension vers l’or ?