US Open 2023 : Alcaraz, Sabalenka et Osaka sous pression
New York s’apprête à retrouver son roi électrique. Carlos Alcaraz revient, enfin.
Quatre mois sans match officiel, un poignet droit réparé, et un défi immédiat : défendre son titre à l’US Open en ouvrant contre Roman Safiullin, le 31 août (1er septembre, heure de Singapour). Pour le tenant du titre, ce n’est pas une mise en route tranquille, c’est un crash-test.
Alcaraz – Safiullin : le retour du champion sous pression
Face à lui, Safiullin, 29 ans, frappeur puissant, sans complexe. Le Russe sort d’une saison où il a rappelé à tout le monde qu’il savait faire mal sur les grandes scènes : à Wimbledon, il a écarté Andrey Rublev et Joao Fonseca pour se hisser en huitièmes de finale, ne cédant qu’en quatre sets face à Novak Djokovic.
Le duel entre les deux hommes est à égalité : une victoire partout. Et l’historique raconte déjà une histoire. À l’ATP Paris Masters 2023, Safiullin avait surpris un Alcaraz alors numéro 2 mondial, le débordant du fond de court et le bousculant dans les échanges. L’Espagnol avait rendu la monnaie de sa pièce l’année suivante, sur une scène encore plus chargée de symboles : les Jeux olympiques de Paris.
Safiullin sait exactement ce qu’il doit faire : l’installer loin dans le court, le pilonner en cadence, le forcer à tester ce poignet jusqu’à la limite. Alcaraz, lui, arrive avec des séances d’entraînement « exigeantes » comme garantie. Il affirme se sentir prêt à jouer « à 100 % ». Les mots sont forts, mais New York ne pardonne pas le moindre doute.
Il a déjà son histoire avec cette saison : sacre à l’Open d’Australie en janvier, plus jeune joueur de l’histoire à compléter le Grand Chelem en carrière. Revenir ici pour tenter d’encadrer l’année avec un deuxième majeur, après quatre mois d’arrêt, c’est tout sauf banal. Pour lui, la défense du titre commence par une épreuve de vérité.
Sabalenka – Osorio : une numéro 1 en sursis
Sur le tableau féminin, Aryna Sabalenka arrive avec un paradoxe. Double tenante du titre à Flushing Meadows, victorieuse à Indian Wells et Miami en mars, mais engagée depuis dans une spirale descendante qui menace même sa place de numéro 1 mondiale.
Son entrée en lice se fait face à Camila Osorio, 59e mondiale. Sur le papier, l’affiche penche nettement : Sabalenka mène 2-0 dans leurs confrontations, avec des succès sur le gazon de Wimbledon en 2021 et sur la terre battue de Madrid en 2023. Mais le décor a changé.
La Biélorusse a bien commencé son année, titre à Brisbane puis finale à l’Open d’Australie. Puis le moteur s’est grippé : quart de finale à Roland-Garros, élimination en huitièmes de finale à Wimbledon. Rien de catastrophique pour la plupart des joueuses, mais pour une patronne du circuit, cela ressemble à un coup de frein brutal.
Elle assure pourtant que la confiance n’a pas vacillé. Elle revendique même ce rôle de joueuse qui encaisse les tempêtes, qui se nourrit des obstacles : « Lancez-moi des défis difficiles, je reviendrai plus forte », dit-elle. New York va vérifier si ce mantra tient encore.
L’enjeu dépasse ce premier tour. Sabalenka peut devenir seulement la troisième joueuse de l’histoire, après Chris Evert et Serena Williams, à soulever trois fois de suite le trophée à l’US Open. Et malgré cela, elle pourrait tout de même perdre sa place de numéro 1 mondiale. Une situation presque surréaliste, qui ajoute une tension invisible à chacun de ses échanges.
Face à elle, Osorio n’a rien à perdre. Elle connaît la violence du jeu de Sabalenka, elle sait qu’elle devra absorber, courir, varier. Si la tête de série vacille ne serait-ce qu’un set, le stade le sentira immédiatement.
Osaka – Zakharova : le retour aux sources
Naomi Osaka, elle, revient sur un terrain qui lui appartient un peu. Deux titres à l’US Open, 2018 et 2020, quatre tournois du Grand Chelem au total, et une certitude intime : ici, elle a déjà prouvé qu’elle pouvait tout dominer.
« Je pense que j’ai déjà fait mes preuves ici, je peux m’appuyer là-dessus pour avoir confiance », explique-t-elle. Les résultats récents vont dans ce sens : demi-finale sur dur à Washington, quart de finale à Toronto en août. Rien de clinquant comme à son apogée, mais assez pour sentir que le moteur reprend des tours.
La Japonaise n’a plus remporté de Grand Chelem depuis cinq ans, depuis son dernier sacre à Melbourne. Entre-temps, elle a traversé des périodes sombres, parlé ouvertement de sa santé mentale, coupé avec le circuit pour se reconstruire. Elle a aussi pris 15 mois pour se consacrer à la maternité avant de revenir en 2023.
Son été a livré un signal fort : un meilleur parcours de sa carrière à Wimbledon, jusqu’en quarts de finale, avec au passage une victoire marquante sur Sabalenka. Sur gazon, qui plus est, loin de sa surface de prédilection.
La voilà de retour sur le dur de Flushing Meadows, son élément naturel. Face à elle, Anastasia Zakharova, 101e mondiale, qu’elle affronte pour la première fois. Osaka cherchera à imposer d’entrée sa cadence, à dicter le tempo, à éviter de laisser la moindre ouverture à une adversaire qui n’a rien à perdre.
Pour Osaka, ce n’est pas seulement un premier tour. C’est une question : ce retour à New York peut-il relancer une quête de Grand Chelem mise entre parenthèses depuis trop longtemps ?
Alcaraz qui teste son poignet sous les projecteurs, Sabalenka qui défend un trône vacillant, Osaka qui revient sur le théâtre de ses plus grands triomphes : la deuxième journée à Flushing Meadows ne se contente pas d’aligner des affiches. Elle pose déjà les premières grandes questions de cette quinzaine.




