US Open fauteuil : Hewett et Reid décrochent un sixième titre
Ils étaient menés, bousculés, presque étouffés. Ils repartent avec un sixième titre en double au US Open et un nouveau chapitre dans une histoire déjà immense. Alfie Hewett et Gordon Reid ont encore retourné une finale, encore refusé le scénario qui semblait leur échapper.
Face aux champions de Wimbledon 2025, Martin de la Puente et Ruben Spaargaren, le duo britannique a vacillé avant de frapper plus fort : victoire 2-6, 6-3, 10-7 pour décrocher un troisième titre du Grand Chelem en double cette saison.
De la tempête au renversement
Sept jeux de suite concédés, un premier set envolé, un break de retard dans le deuxième. Le titre s’éloigne, brutalement.
C’est à ce moment-là que la paire numéro 1 mondiale se réveille pour de bon. Plus agressifs, plus précis, les Britanniques resserrent le jeu, prennent enfin le dessus dans les échanges et empochent les quatre derniers jeux du deuxième set pour revenir à une manche partout.
Le super tie-break se joue alors sur les nerfs. Hewett et Reid, qui connaissent par cœur ces moments-là, prennent le contrôle dans la seconde moitié du jeu décisif et verrouillent le score à 10-7. Froidement, presque cliniquement, après avoir flirté avec la sortie.
Une dynastie en marche
Ce nouveau sacre à New York a une saveur particulière. Il s’agit de leur premier titre au US Open depuis 2021, mais aussi d’un jalon de plus dans une domination à deux.
Hewett a désormais remporté ses 26 titres du Grand Chelem en double aux côtés du même homme, Gordon Reid. Une fidélité sportive rare à ce niveau.
Pour Reid, ce succès représente un septième titre en double au US Open et le 30e trophée majeur de sa carrière dans la discipline. Trente. Un chiffre qui installe définitivement l’Écossais dans le panthéon du double en fauteuil.
Sur le court, les deux hommes ont rappelé ce que signifie une telle longévité : plus de treize ans à jouer ensemble, à travers les saisons, les surfaces, les coups durs et les grandes nuits. Et celle-ci en était une, portée par une foule dense et bruyante, à la hauteur de l’année symbolique que vit le tennis fauteuil, célébrant ses 50 ans.
Hewett en quête d’un nouveau sacre en simple
Sa journée ne s’est pas arrêtée au double. En simple, Alfie Hewett s’est offert une nouvelle finale à New York, la huitième en neuf participations. Une statistique qui en dit long sur son emprise sur ce tournoi.
Opposé à Gustavo Fernandez, finaliste en 2025, le Britannique a pris les commandes sans laisser la moindre ouverture. 6-0, 3-0, un score sans appel avant l’abandon de l’Argentin, contraint de renoncer.
Hewett avance, presque sans trembler, vers un nouveau rendez-vous majeur.
Dimanche, il retrouvera Tokito Oda, tête de série numéro 1, pour une finale qui s’annonce comme un choc de générations et de styles. D’un côté, l’expérience et le palmarès de Hewett. De l’autre, l’ascension fulgurante du Japonais. Le décor est planté.
La relève britannique frappe fort chez les juniors
La journée britannique ne s’est pas résumée à Hewett et Reid. Sur les tableaux juniors, un autre nom s’est imposé : Matthew Knoesen.
Le joueur originaire du Kent est devenu le troisième Britannique depuis 2022 à remporter le titre en simple garçons en fauteuil au US Open.
Sa finale a tourné au récital : 6-0, 6-2 face à l’Australien Sonny Renison. Une démonstration.
Knoesen n’en est pas resté là. Quelques heures plus tard, il s’est adjugé le titre en double garçons, aux côtés du Japonais Hirofumi Inoue. Ensemble, ils ont dominé le duo Will Barton – Lorenzo Politano 6-1, 6-0.
Une journée parfaite pour le jeune Britannique, qui s’inscrit déjà dans le sillage d’une génération emmenée par Hewett et Reid.
Le présent appartient encore aux deux monuments. Mais à New York, on a aussi vu se dessiner une partie de l’avenir du tennis fauteuil britannique.




