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US Open : Zverev évite la sortie précoce contre Sonego

Alexander Zverev a débarqué à New York avec une nouvelle étiquette sur les épaules : celle de vainqueur de Grand Chelem. Et dès son entrée en lice, le top seed a compris ce que cela signifiait vraiment. Sur le court, Lorenzo Sonego n’est pas venu pour lui dérouler le tapis rouge, mais pour le lui arracher sous les pieds.

Près de cinq heures de combat, un duel qui a glissé jusque tard dans la nuit, un score qui dit tout : 6-4, 3-6, 6-7(7), 7-5, 6-4. Zverev est passé tout près du gouffre au premier tour de l’US Open, avant de s’en extirper à l’usure, à l’orgueil, à l’expérience.

Un départ maîtrisé, puis la tempête

Le scénario avait pourtant tout d’un match contrôlé. Dans le premier set, Zverev impose sa cadence, domine l’échange, se procure sept balles de break. Il n’en convertit qu’une, mais elle suffit pour empocher la manche 6-4. L’Allemand semble au-dessus, sans vraiment forcer.

Sonego, lui, refuse le rôle de figurant. Classé 89e mondial, l’Italien hausse brutalement le ton au deuxième set. Il frappe plus tôt, prend la balle montante, casse le rythme du favori. Un break rapide, une mise en jeu tenue sans trembler, et il conclut la manche sur un jeu blanc, scellé par un ace. Le match vient de changer de dimension.

Le doute s’installe chez Zverev, la confiance gonfle chez Sonego. Le troisième set devient une véritable bascule.

Le tie-break qui fait vaciller Zverev

La troisième manche se transforme en bras de fer. Les deux hommes se rendent coup pour coup, les échanges s’allongent, les regards se durcissent. Impossible de les départager avant le jeu décisif.

Dans ce tie-break tendu, Zverev craque au pire moment. Une double faute, lourde de conséquences, offre l’ouverture dont Sonego avait besoin. L’Italien s’y engouffre et rafle le set. Il mène deux manches à une. Le numéro un du tableau est dos au mur dès le premier tour.

Le stade sent le danger. Zverev aussi.

À deux points de la sortie, puis la révolte

Le quatrième set ressemble à une bataille de nerfs. Les deux joueurs se breakent, se répondent, refusent de céder. Sonego continue de frapper sans complexe, Zverev serre les dents. La tension grimpe encore d’un cran quand l’Allemand se retrouve à deux points de la défaite.

C’est là que le champion du Roland-Garros de juin refait surface. Il s’accroche sur sa mise en jeu, arrache un hold crucial, puis profite enfin d’une ouverture sur le service adverse. Il réussit le break au moment parfait et arrache le set 7-5. Le match bascule une deuxième fois.

On repart pour un cinquième. Au milieu de la nuit, la question n’est plus seulement technique. Elle devient physique, presque brutale.

Sonego s’épuise, Zverev s’en sort

Dans la manche décisive, Sonego commence à payer les efforts. Ses jambes répondent un peu moins, ses frappes perdent un soupçon de percussion. Zverev, lui, sent l’odeur de la porte de sortie qu’il vient de refermer. Il durcit l’échange, rallonge les rallies, impose son poids de balle.

Progressivement, l’Italien lâche du terrain. Le top seed en profite, prend le contrôle du set et boucle l’affaire 6-4. Le danger est écarté. De justesse, mais écarté.

Zverev évite ainsi une humiliation historique : devenir le premier top seed éliminé au premier tour d’un Grand Chelem depuis Lleyton Hewitt à Wimbledon en 2003. Ce spectre-là flottera encore un moment au-dessus de ce match.

À la sortie, l’Allemand ne cherche pas à enjoliver ce qu’il vient de vivre : « Je suis juste content d’avoir gagné, c’est tout », lâche-t-il. Il parle d’une « bataille incroyable », de « presque cinq heures » sur le court, et souligne que Sonego « aurait battu beaucoup de joueurs ».

La vérité, c’est que ce premier tour a déjà eu des allures de test majeur. Sans Jannik Sinner dans le tableau et avec Carlos Alcaraz seulement de retour de blessure, Zverev est désigné comme l’homme à battre à New York. La nuit lui a rappelé que ce statut se mérite, point par point, parfois au bord du précipice.