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Venise Chan : de la future Venus Williams au padel

À 12 ans, on la surnommait déjà « la future Venus Williams du tennis hongkongais ». Venise Chan Wing-yau découvrait alors la lumière crue d’une finale de championnats nationaux, sans imaginer que cette étiquette la suivrait si longtemps. Vingt-cinq ans plus tard, elle est toujours là. Toujours raquette en main. Mais plus tout à fait sur le même court.

Avec le recul, Chan se dit surtout reconnaissante d’avoir grandi loin du projecteur permanent des réseaux sociaux, celui qui brûle aujourd’hui les jeunes prodiges avant même qu’ils n’aient le temps de se construire. Elle a pu apprendre, échouer, recommencer, sans que chaque point ne devienne un débat public.

Aujourd’hui, elle se remet pourtant en vitrine. Volontairement. Et avec la même capacité fulgurante à apprivoiser un nouveau sport.

Début 2024, Chan a décidé de tourner une nouvelle page et de se consacrer au padel, ce sport de raquette en pleine explosion mondiale. Quelques mois plus tard, la voilà sélectionnée pour représenter Hong Kong aux Asian Games, où la discipline effectuera ses grands débuts. Un virage express, assumé, et parfaitement dans la ligne d’une carrière faite de reconversions réussies.

Ce rendez-vous continental aura aussi des allures de retour aux sources. Douze ans qu’elle n’avait plus foulé les Jeux en tant qu’athlète, depuis la dernière de ses trois participations en tennis. Entre-temps, Chan n’est pas restée spectatrice. Elle s’est réinventée en pickleball, jusqu’à intégrer l’équipe de la ville qui a atteint la finale de la Coupe du monde aux États-Unis l’an dernier.

Le déclic padel est, lui, presque anodin au départ. Une partie d’essai avec un collègue de Carret Private Capital, où elle occupe le poste de directrice des risques et de la conformité. Une invitation, une curiosité, puis une question qui s’impose en janvier : « peut-être que je pourrais tenter les Asian Games ».

À partir de là, tout s’enchaîne. Les séances, les automatismes, la progression. « Une fois que j’ai commencé à jouer, je ne me suis plus arrêtée », raconte-t-elle.

Le reste, ce sera pour le terrain, dans un sport qui lui offre une nouvelle scène et, peut-être, un nouveau chapitre à ajouter à une trajectoire déjà singulière.