Wessam Abou Ali : retour impossible à Al-Ahly
Le rêve d’un retour de Wessam Abou Ali à Al-Ahly a pris un sérieux coup. Et cette fois, ce n’est pas une rumeur de mercato qui s’effrite, mais la voix d’un homme qui connaît la maison par cœur : Ahmed Shobier.
Wessam Abou Ali, un rêve presque impossible
Au micro de sa radio, l’ancien gardien d’Al-Ahly a remis les pendules à l’heure. « Il y a eu des infos hier disant qu’Al-Ahly avait commencé à sonder la possibilité du retour de Wessam Abou Ali, et de savoir si Columbus Crew accepterait son départ ou non », a-t-il expliqué.
Lui-même ne cache pas son envie. Il l’a dit sans détour : s’il y avait la moindre chance, il signerait tout de suite pour revoir le Palestinien sous le maillot rouge. Abou Ali a marqué le club, pesé sur les matches, laissé une trace.
Mais la réponse venue des États-Unis ferme la porte. Le coach de Columbus Crew voit en lui « le futur du club ». Aucun départ envisagé. Son absence a déjà pesé sur l’équipe, et le plan est clair : récupérer son attaquant dès qu’il sera remis pour relancer la machine.
Alors Shobier se permet une phrase qui résume l’état du dossier : l’idée d’un retour est « quasi inexistante ». Puis il nuance à sa manière : il reste le droit de rêver, de projeter, de se dire « et si ? ». Rien de plus.
Ammouta secoue le vestiaire d’Al-Ahly
Shobier n’a pas seulement parlé mercato. Il a aussi ouvert une fenêtre sur ce qui se passe dans les coulisses d’Al-Ahly. Le Marocain Hossein Ammouta, fraîchement installé, a réuni son groupe pour une séance très particulière.
« Une causerie très, très longue », raconte l’ancien portier. Une réunion où les joueurs ont « ouvert leurs cœurs », parlé franchement, vidé ce qui devait l’être. On sent, dans ses mots, un vestiaire à la fois blessé et piqué au vif.
Les joueurs savent. Ils voient la colère des supporters, « très, très en colère » face aux prestations récentes. Ils sentent la pression, mais aussi l’urgence de répondre sur le terrain. La prochaine occasion arrive vite : Al-Ahly affronte Abu Qir for Fertilizers mardi en Premier League.
Sportivement, le club est encore dans la course : troisième avec 10 points, à égalité avec Zamalek au goal-average, et à seulement deux longueurs du leader Pyramids. La marge d’erreur, elle, se rétrécit. Le discours d’Ammouta tombe au moment où l’équipe n’a plus le luxe de tergiverser.
Zamalek et Bezerra : la fin d’un feuilleton
Puis Shobier a changé de camp. Direction Zamalek, où un autre dossier brûlant vient de se refermer. « Enfin, le générique de fin est tombé sur les nuits de Bezerra », lâche-t-il, image forte pour décrire un feuilleton qui a duré trop longtemps.
Zamalek n’avait plus le choix. Le départ de Juan Bezerra vers Shabab Al-Ahli Dubai est devenu inévitable. Plus d’espoir de le retenir. Le joueur avait fait son choix : l’offre des Émirats lui convenait, le projet aussi, sans parler de l’argent et du cadre de vie à Dubaï. Zamalek a tenté, insisté, cherché une ouverture « à gauche, à droite ». En vain.
Derrière ce départ, il y a une réalité brutale : la crise financière. Le club traverse une période « très, très » difficile, insiste Shobier. Les caisses sont vides, les joueurs attendent leurs salaires et primes. Le besoin de liquidités est vital.
Les chiffres qu’il déroule donnent la mesure de l’opération. À la signature, Zamalek encaisse 3 millions de dollars cash. Un million supplémentaire en février, un autre en août. S’y ajoutent un million de dollars sous forme de primes et bonus. Le club égyptien peut ainsi dire : voilà 6 millions de dollars sécurisés.
L’effort ne vient pas que du club. Le joueur aussi a lâché du terrain financier : une commission d’agent de 10 % avoisinant les 600 000 dollars, abandonnée. Plus 5 % de droits de sponsoring, plus la prime de titre de champion, environ 20 000 dollars. En renonçant à tout cela, Bezerra permet à Zamalek de se rapprocher d’un total proche de 7 millions de dollars, comme le résume Shobier.
Une clause cruciale dans les dernières minutes
Un dernier détail, loin d’être anodin, a été réglé dans les « derniers mètres » de la négociation. Au départ, aucun pourcentage à la revente n’était prévu pour Zamalek. Une erreur stratégique pour un club qui laisse partir un joueur encore bankable.
Le club du Caire a rectifié le tir au dernier moment. Shobier révèle que Zamalek a finalement insisté pour inclure une clause garantissant 20 % du montant d’une future vente de Bezerra. Une bouée financière potentielle, si le Brésilien explose à Dubaï et attire un nouveau transfert.
Entre un rêve presque impossible à Al-Ahly avec Wessam Abou Ali, un vestiaire secoué par Ammouta, et un Zamalek qui vend pour survivre, le football égyptien vit un drôle d’équilibre. Les chiffres s’alignent, les comptes se sauvent, mais la vraie réponse tombera sur la pelouse : qui saura transformer ces décisions de marché en titres, en jeu, en saison réussie ?




