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La WNBA face à la contradiction de la transformation

Au début du mois, la Women’s National Basketball Players Association a publié un communiqué pour répondre aux questions restées en suspens sur la participation de joueurs biologiquement masculins en WNBA. Le texte, saturé de références à la « justice, équité, diversité et inclusion » d’un côté, et à la « haine, l’abus… la peur, la division et le préjudice » de l’autre, ressemblait à un manuel de communication plus qu’à une prise de position claire. Mais une phrase, surtout, a claqué comme un aveu : ces valeurs permettraient au syndicat de « protéger le sport féminin tout en créant un changement transformationnel ». Tout est là, dans cette tension impossible.

Car à force de se présenter comme un moteur de « transformation », un sport finit par se transformer lui-même. Et une fois la métamorphose accomplie, que reste-t-il à transformer ?

Il y a quelques décennies, l’idée que le basket féminin professionnel devienne une industrie à plusieurs milliards de dollars faisait rire au fond des bars. Aujourd’hui, ce rire s’est éteint. Avec un contrat télé de 11 ans pour 3 milliards de dollars, la WNBA a basculé dans une autre dimension. Le rêve économique est devenu réalité.

Cette réussite pose une question brutale : les joueuses ont-elles enfin gagné le droit de se concentrer sur le jeu, sur le parquet, sur le ballon qui tourne dans l’air, comme leurs homologues masculins le font depuis toujours sans qu’on leur demande autre chose ? Ou doivent-elles encore porter sur leurs épaules chaque nouvelle croisade « transformationnelle », jusqu’à convaincre une partie du public que la biologie sexuelle n’est qu’une construction mentale ? Le ton moralisateur du communiqué syndical laisse peu de doute sur la réponse.

La WNBA s’est enfermée dans un numéro d’équilibriste intenable. D’un côté, elle se veut vitrine d’un sport féminin d’élite, exigeant, spectaculaire. De l’autre, elle s’astreint à un discours de soutien à un activisme transgenre qui entre frontalement en collision avec le principe même de compétition féminine. Tout le monde le sait : autoriser des hommes s’identifiant comme femmes à affronter des joueuses n’a aucun sens sportif, comme le projet affiché de quatre anciens joueurs NBA le souligne crûment. Mais inscrire noir sur blanc cette évidence dans les règlements serait, aux yeux des dirigeants, une trahison de l’image « transformationnelle » qu’ils ont patiemment construite.

Plutôt que d’affronter cette contradiction, la ligue préfère demander le silence. On intime aux sceptiques de ne pas « semer la division », comprendre : ne pas mettre en lumière l’impasse réglementaire et idéologique. La coach des Golden State Valkyries, Natalie Nakase, est même allée jusqu’à qualifier les supporters récalcitrants de diffuseurs de « discours de haine ». Une ligue de sport féminin – c’est la première lettre de son nom, faut-il le rappeler – dirigée par des responsables qui, sans ciller, se disent incapables de définir le mot « femme » : le paradoxe confine au surréalisme.

Ce fiasco n’est pas le fruit du sexisme bien réel auquel se heurtent depuis toujours les pionnières du sport féminin. Il ne vient pas non plus d’une panique « transphobe » organisée, ni d’une quelconque machination politique venue de figures extérieures comme Donald Trump ou Joe Rogan. C’est un blocage que des institutions dirigées par des femmes s’infligent à elles-mêmes.

Reste à comprendre pourquoi. Pour trouver des éléments de réponse, il faut quitter un instant les projecteurs brûlants de la WNBA et se tourner vers un laboratoire plus discret : un sport moins exposé, mais tout aussi révélateur.