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WTC : l’Inde sous pression, l’Australie en tête

Le nul arraché par le Sri Lanka au SSC de Colombo n’a pas seulement clos une série. Il a relancé une course mondiale aux allures de casse-tête. L’Inde repart avec un succès 1-0, mais surtout avec huit points envolés qui pèsent lourd dans une World Test Championship où chaque pourcentage compte.

Au terme de ce deuxième Test, le tableau est figé, pour l’instant :

  • Australie : 10 matchs, 8 victoires, 2 défaites, 96 points, 80,00 %
  • Afrique du Sud : 4 matchs, 3 victoires, 1 défaite, 36 points, 75,00 %
  • Nouvelle-Zélande : 6 matchs, 4 victoires, 1 nul, 1 défaite, 72 points, 72,22 %
  • Bangladesh : 6 matchs, 3 victoires, 2 nuls, 1 défaite, 40 points, 55,56 %
  • Inde : 11 matchs, 5 victoires, 4 nuls, 2 défaites, 68 points, 51,52 %
  • Sri Lanka : 6 matchs, 1 victoire, 2 nuls, 3 défaites, 24 points, 33,33 %
  • Angleterre : 14 matchs, 5 victoires, 8 défaites, 1 nul, 50 points, 29,76 %
  • West Indies : 12 matchs, 2 victoires, 8 défaites, 2 nuls, 30 points, 20,83 %
  • Pakistan : 7 matchs, 2 victoires, 5 défaites, 16 points, 19,05 %

Les chiffres sont secs, la réalité derrière est brutale : la marge d’erreur se réduit. Et les scénarios pour rejoindre la finale de la WTC se dessinent déjà.

Australie : en tête, mais un calendrier sans filet

Série restantes :

  • Afrique du Sud (3 Tests, à l’extérieur)
  • Nouvelle-Zélande (4 Tests, à domicile)
  • Inde (5 Tests, à l’extérieur)

Avec 80 % de pourcentage de points, l’Australie domine la table et reste, sur le papier, l’équipe la mieux placée. Huit victoires en dix rencontres, malgré un revers marquant contre le Bangladesh à Darwin, suffisent à montrer le ton : ce sont eux que tout le monde chasse.

La route, pourtant, est piégée. Douze Tests à jouer, dont huit loin de chez eux, en Afrique du Sud et en Inde. Le calcul est simple, la mission beaucoup moins :

  • Six victoires et un nul les propulsent au-delà des 65 %.
  • Sept victoires et un nul les rapprochent des 70 %, une barre qui, à la lumière des deux dernières éditions, ressemble à un billet quasi assuré pour la finale.

Ils ont la position, l’élan, l’expérience. Mais leur destin passe par deux terrains hostiles : la brique sud-africaine et la fournaise indienne.

Afrique du Sud : un calendrier à domicile, une pression maximale

Séries restantes :

  • Australie (3 Tests, à domicile)
  • Bangladesh (2 Tests, à domicile)
  • Angleterre (3 Tests, à domicile)
  • Sri Lanka (2 Tests, à l’extérieur)

Trois victoires en quatre matchs, une seule défaite, et déjà 75 %. Les Proteas ont parfaitement lancé leur campagne, surtout en Asie, où ils ont arraché trois succès sur quatre rencontres, avec encore une série au Sri Lanka à venir.

La suite se jouera essentiellement chez eux : huit de leurs dix derniers Tests se disputeront à domicile. Mais ce n’est pas un confort total : six de ces matchs seront contre l’Australie et l’Angleterre, deux équipes qui ont déjà prouvé qu’elles savaient gagner en Afrique du Sud.

Les projections sont claires :

  • Six victoires et un nul les amènent à 66,67 %.
  • Sept victoires les propulsent au-delà des 70 %.

Autrement dit, les Sud-Africains n’ont pas seulement besoin de défendre leur forteresse. Ils doivent y dominer, sans laisser filer beaucoup de points, pour espérer s’installer à l’Oval en juin.

Nouvelle-Zélande : solide, discrète, dangereuse

Séries restantes :

  • Inde (2 Tests, à domicile)
  • Pakistan (2 Tests, à l’extérieur)
  • Australie (4 Tests, à l’extérieur)
  • Sri Lanka (2 Tests, à domicile)

La Nouvelle-Zélande avance sans bruit, mais avec une efficacité redoutable. Victoire contre West Indies à domicile, succès en Angleterre, et la voilà troisième avec 72,22 %.

Leur force ? Un programme à la fois piégeux et prometteur. Ils recevront l’Inde et le Sri Lanka, deux équipes qui n’ont plus gagné en terre néo-zélandaise depuis quinze ans.

Leur équation :

  • Gagner leurs deux séries à domicile contre l’Inde et le Sri Lanka,
  • Ajouter deux succès sur six matchs à l’extérieur.

Ce scénario les emmène tout près des 65 %. S’ils parviennent à remporter sept de leurs dix derniers Tests, le pourcentage grimpe à 70,83 %. Là, on ne parle plus d’outsider, mais de candidat massif à la finale.

Reste à savoir s’ils pourront tenir ce rythme loin de chez eux, notamment en Australie.

Bangladesh : la campagne de leur vie, mais sans joker

Séries restantes :

  • Afrique du Sud (2 Tests, à l’extérieur)
  • West Indies (2 Tests, à domicile)
  • Angleterre (2 Tests, à domicile)

Bangladesh vit sa meilleure campagne de WTC depuis la création de la compétition. Quatrième du classement, devant l’Inde, l’Angleterre et le Sri Lanka. Rien que ça.

Quatre de leurs six derniers Tests se joueront à domicile, contre des équipes non asiatiques. Une opportunité rare. Mais il y a une contrepartie : avec seulement six matchs restants, chaque résultat pèse double.

Les scénarios sont tranchants :

  • Quatre victoires et deux nuls les amènent à 66,67 %.
  • Quatre victoires et deux défaites les laissent à 61,11 %.

Bangladesh n’a pas le luxe d’un long calendrier pour rattraper un faux pas. Le moindre effondrement, surtout à domicile, pourrait briser une campagne historique.

Inde : un nul qui coûte cher, un hiver sous pression

Séries restantes :

  • Nouvelle-Zélande (2 Tests, à l’extérieur)
  • Australie (5 Tests, à domicile)

Le nul au SSC change tout. Au lieu de repartir avec 24 points possibles, l’Inde n’en prend que 16 sur la série au Sri Lanka. Résultat : un cinquième rang avec 51,52 % et une pente désormais raide.

Leur marge ? Infime.

  • S’ils gagnent leurs sept derniers Tests, ils montent à 70,37 %.
  • Six victoires et une défaite les laissent juste sous les 65 %, mais avec un avantage : ces matchs incluent cinq confrontations directes contre l’Australie, autant de points retirés à un rival.

Le paradoxe est cruel :

  • Perdre 0-2 en Nouvelle-Zélande,
  • Battre ensuite l’Australie 5-0 à domicile,

ne suffirait qu’à les hisser à 59,26 %. Dans ce scénario, ils auraient besoin d’un concours de circonstances ailleurs.

L’Inde ne peut plus se permettre de gérer. Elle doit frapper fort, tout de suite, en Nouvelle-Zélande, puis transformer la série contre l’Australie en véritable opération commando.

Sri Lanka : un nul pour l’honneur, un gouffre au classement

Séries restantes :

  • Pakistan (2 Tests, à l’extérieur)
  • Nouvelle-Zélande (2 Tests, à l’extérieur)
  • Afrique du Sud (2 Tests, à domicile)

Le nul à Colombo a sauvé la face, pas la campagne. Quatre points pris sur 24 possibles contre l’Inde, et un classement qui reste plombé : 33,33 %, très loin des standards de qualification.

Leur calendrier n’offre qu’un maigre répit : un seul des trois derniers affrontements se jouera à domicile. Le reste, c’est un long voyage en terrain hostile, au Pakistan puis en Nouvelle-Zélande.

Même dans le scénario parfait – six victoires en six matchs – le Sri Lanka ne pourrait grimper qu’à 66,67 %. Il leur faudrait alors une cascade de résultats favorables ailleurs pour rêver encore à une qualification.

Pour l’instant, ce nul ressemble plus à un sursis qu’à un tournant.

L’Australie en tête, l’Afrique du Sud aux aguets, la Nouvelle-Zélande en embuscade, l’Inde sous pression, le Bangladesh en pleine poussée, le Sri Lanka dos au mur : la troisième phase de cette WTC s’annonce sans filet.

La question n’est plus seulement de savoir qui joue bien. Elle est de savoir qui saura encore gagner quand chaque session commencera à ressembler à une élimination directe.