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Alexander Zverev atteint la finale de l'US Open

Alexander Zverev s’offre une nouvelle nuit de patron à New York. En dominant Karen Khachanov 6-3, 7-6 (9-7), 7-6 (8-6), l’Allemand se hisse en finale de l’US Open et disputera, à 29 ans, une troisième finale de Grand Chelem consécutive. Une série qui dit tout de son changement de dimension cette saison.

Le favori assume son statut

Tête de série numéro un, auréolé de son premier titre majeur à Roland-Garros en juin et finaliste à Wimbledon en juillet face à Jannik Sinner, Zverev est arrivé à Flushing Meadows avec une cible dans le dos. Il la porte pour l’instant avec une froide efficacité.

Face à Khachanov, 50e mondial, il a rapidement pris le contrôle du match. Premier set quasi parfait : 13 points gagnés sur 15 derrière sa première balle, 9 sur 9 au filet, une seule fois menacé. Il break à 5-3, ferme la manche derrière, sans trembler. L’Allemand impose son tempo, son service et cette impression d’inéluctable qui accompagne les joueurs en pleine confiance.

Pourtant, son tournoi avait démarré dans la douleur. Cinq sets lors des deux premiers tours, des nuits tardives, des doutes. Zverev lui-même l’a reconnu : à 3 heures du matin après le deuxième match, il riait avec son équipe « de la façon dont il jouait mal ». Ce recul, ce détachement, ont visiblement servi de déclic. Depuis, il n’a plus lâché un set.

Un tie-break comme tournant

Le deuxième set a offert la première vraie bagarre. Zverev s’échappe d’entrée, Khachanov recolle, s’accroche, refuse de lâcher le fil. Les échanges s’allongent, le Russe monte en intensité, son coup droit claque, son revers tient la diagonale. Il arrache le jeu décisif et, là, le match bascule dans une autre dimension.

Sur un point d’exception – 22 frappes, un bras de fer de fond de court –, Khachanov sauve une balle de set avec un revers sublime, frappé plein centre, qui nettoie la ligne. Le stade gronde, le Russe exulte, le doute pourrait s’installer chez Zverev.

Mais c’est le numéro un qui reprend la main. Sur un point clé, il dicte l’échange, recule, défend, renverse la trajectoire du rallye par sa couverture de fond de court, puis finit par faire plier Khachanov. Nouvelle balle de set, cette fois convertie. Le coup de massue est pour le Russe, le break psychologique pour l’Allemand.

Khachanov résiste, Zverev finit

Le troisième set se joue sur un fil. Aucun break, pas même une balle de break concédée par l’un ou l’autre. Les deux serveurs verrouillent, les jeux défilent, les regards se durcissent. Tout le monde sait que cela se décidera encore au tie-break.

Khachanov y entre le premier. Plus agressif, plus tranchant, il se détache, se procure deux balles de set. L’occasion de relancer totalement la soirée, d’installer le doute dans la tête de Zverev.

L’Allemand les efface, l’une après l’autre. Service, sang-froid, solidité de fond de court : le cocktail est implacable. Une fois revenu à hauteur, il ne lâche plus rien. Le top seed déroule, grignote point après point. Khachanov finit par craquer, expédiant un coup droit trop long. Terminé.

Zverev lève les bras, se tourne vers son clan, large sourire, avant de rejoindre le filet pour une poignée de main franche avec son adversaire. Sixième finale majeure pour lui, deuxième à l’US Open, quatre ans après la défaite au cinquième set contre Dominic Thiem qui l’avait laissé en larmes sur ce même court.

Une finale pour installer son règne

Cette fois, le décor est différent. Jannik Sinner est blessé, Carlos Alcaraz aussi diminué, le tableau s’est ouvert. Zverev, lui, a trouvé une régularité qu’il n’avait jamais vraiment montrée à ce niveau : demi-finales dans les quatre tournois du Grand Chelem cette saison, finale à Paris, finale à Londres, et désormais finale à New York.

Dimanche, il retrouvera un Arthur Ashe acquis à la cause de son adversaire. Ce sera Ben Shelton ou Frances Tiafoe, deux chouchous du public américain, deux joueurs qui électrisent les night sessions. Zverev le sait, et ne s’en cache pas : la soirée s’annonce brûlante.

« Ce sera incroyablement spécial, ces deux joueurs sont des favoris du public et tout le monde les adore », a-t-il confié sur le court. Avant de lâcher, sourire en coin, qu’il espérait « ne pas réaliser leur rêve américain ».

Il n’est plus le joueur qui espérait un premier titre majeur. Il est celui qui chasse un deuxième Grand Chelem de l’année et une troisième finale consécutive pour, peut-être, installer enfin son nom tout en haut de l’ère actuelle. La prochaine marche est la plus haute. Mais à New York, Alexander Zverev donne l’impression d’être venu précisément pour ça.